La Glace et le ciel  –  Luc Jacquet  –  2015

Fiche générale

  • Producteur :Richard Grandpierre
  • Production :Eskwad
    Wild-Touch Productions...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Luc Jacquet
  • Interprètes : Claude Lorius
  • Producteur exécutif :Frédéric Doniguian
  • Directeur de production :Vincent Demarthe
  • Directeur de la photographie : Stéphane Martin
  • Compositeur de la musique : Cyrille Aufort
  • Monteur : Stéphane Mazalaigue

Production

  • Producteur :Richard Grandpierre
  • Production :Eskwad
    Wild-Touch Productions
    Pathé
    Kering
    CNRS Images (coproduction)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Frédéric Doniguian
  • Directeur de production :Vincent Demarthe
  • Directeur de postproduction :Cyril Contejean
  • Coproducteurs :Romain Le Grand
    Vivien Aslanian
  • Avec la participation de :OCS
  • Production associée :Z.O.E & CO

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Luc Jacquet
  • Interprètes :Claude Lorius

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Stéphane Martin
  • Compositeur de la musique :Cyrille Aufort
  • Monteur :Stéphane Mazalaigue
  • Avec la voix de :Michel Papineschi
  • Distributeur France :Pathé
  • Ventes à l'étranger :Wild Bunch

 

Résumé et notes

RÉSUMÉ

Luc Jacquet met en scène l’aventure de Claude Lorius, parti en 1957 étudier les glaces de l’Antarctique. Il nous raconte l’histoire d’une vie extraordinaire de science et d’aventure, consacrée à percer au plus profond des glaces de l’Antarctique les secrets bien gardés du climat.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Sélection officielle au festival de Cannes

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

1955. Claude Lorius répond à une petite annonce et part avec deux compagnons pour un hivernage d’un an en Antarctique, sans possibilité de retour ni d’assistance. Cette première campagne dans le Grand Sud est l’acte fondateur de son existence. Sur ces terres vierges de toute expérimentation, le jeune homme réalise que chaque bulle d’air enserrée par les glaces des pôles est un échantillon de l’atmosphère de l’époque où elle fut emprisonnée. Autrement dit, à une profondeur de quelques mètres, la glace contient l’air que respiraient les Romains. Températures, bulles d’air… Ces découvertes vont conduire à des forages qui vont lui permettre de remonter à plus de 400 000 ans dans notre histoire climatique, ce qui n’avait jamais été réalisé auparavant. Face aux connaissances qu’il vient de mettre à nu, les origines du réchauffement climatique et l’impact de l’homme sur notre planète, Claude n’a de cesse tout au long de sa vie de tenter de convaincre, de faire prendre conscience des périls que l’humanité fait peser sur sa propre planète. Mais trop souvent il se heurte au silence, à l’incompréhension, au déni et aux pressions. Aujourd’hui, l’homme de science a décidé de prendre le temps de revenir en arrière, de reconstituer le puzzle de sa vie. Claude livre son témoignage, peut-être le dernier. Il raconte un monde ancré dans l’Anthropocène, cette ère nouvelle où l’homme est devenu la puissance qui régit l’écologie et la marche climatique du monde. Le fil de cette existence hors du commun se déroule d’abord grâce à la richesse des images d’archives. Dans le grain si caractéristique des films anciens, elles nous emmènent à la rencontre de Claude, alors jeune chercheur, lors de ses campagnes dans le grand désert blanc. L’histoire de la glaciologie se pare de visages, de paysages extraordinaires, d’émotions. Ces images s’entremêlent avec celles d’un homme qui fait son retour en Antarctique et à travers ce voyage, dans son propre passé, 60 ans après avoir foulé le continent de glace. Le passage du temps marque son visage d’une expression nouvelle, plus grave. On y retrouve aussi les lueurs émerveillées que provoque le contact renouvelé avec cet univers secret, la passion de toute sa vie. Sur la glace du Grand Sud, Claude revisite son passé, l’œuvre de son existence et, plus largement, se questionne sur la place de l’humain dans notre monde. Et tandis que progresse ce récit, nous retrouvons Claude aujourd’hui, dans différentes régions du monde, là où les prédictions de l’homme de science sont devenues concrètes. Les forces de la nature, réveillées par le bouleversement climatique en cours, s’y expriment dans toute leur puissance.

  • ENTRETIEN AVEC LUC JACQUET

Comment est né le film ?

D’une rencontre avec Claude Lorius à la Maison de la Géographie en octobre 2011 : on avait déjà entendu parler l’un de l’autre, et on a immédiatement éprouvé une véritable complicité. Nous avions vécu les mêmes aventures à 40 ans d’intervalle. On a évoqué notre expérience de l’Antarctique, où l’on ressent une forme de retrait du monde, et on s’est rendu compte qu’on utilisait les mêmes mots pour en parler, qu’on était animés par la même fascination pour cette région du monde. Par ailleurs, j’avais été bouleversé par son livre «Voyage dans l’Anthropocène» que j’estime être l’un des meilleurs ouvrages scientifiques récents. Et il m’a alors dit : «Pourquoi est-ce qu’on ne ferait pas un film ensemble ?»

Quelle a été votre réaction à ce moment-là ?

J’ai d’abord été très touché : Claude était extrêmement affaibli et j’ai compris qu’il y avait urgence. En effet, cet homme pouvait disparaître à tout moment, et on risquait de perdre le témoignage vivant de ce moment historique, où l’humanité a soudain pris conscience de son impact sur le monde, que Claude a documenté et a été le premier à nous fournir. Mon premier réflexe a été de «sauvegarder» ce témoignage. Je voulais entendre Claude raconter sa version de l’histoire. C’était aussi pour moi une manière de découvrir cet homme en profondeur et d’évaluer le potentiel de son histoire pour le cinéma. J’ai eu conscience qu’il fallait absolument l’entendre raconter, avec ses mots à lui, son cheminement et comment, grâce à la glaciologie, il avait contribué à changer notre rapport au monde. Du coup, j’ai entamé une première série d’entretiens filmés avec lui pendant dix jours, en prenant soin de la qualité de l’image et du son. Lorsqu’il m’a annoncé qu’il allait avoir 80 ans, je me suis dit qu’il fallait les fêter en Antarctique !

Vous avez découvert une nouvelle facette de Claude Lorius ?

Je me suis rendu compte que ce type était un battant : malgré des conditions de tournage épouvantables, et un froid terrible, il était resté un aventurier prêt à tout malgré sa faiblesse physique du moment. Je suis allé jusqu’à le faire monter sur une épave glissante de baleinier, et j’ai constaté qu’il avait une force de volonté hors du commun forgée par des années et des années d’endurance et de souffrance. J’ai donc repris cette idée de testament, en emmenant Claude là où, trente ans plus tôt, il pensait que des événements déterminants allaient se produire. Et plutôt que de se contenter d’un discours, je souhaitais le mettre en scène pour qu’on soit témoin de ce qu’il avait prédit.

Pouvez-vous nous raconter brièvement l’histoire de ce flocon de neige qui contient l’ADN de l’humanité ?

Pour moi, c’est davantage l’histoire d’un homme et de sa quête de l’invisible : c’est parce qu’il a porté un regard sur ce flocon de neige que celui-ci a pris une telle importance. Lorius, quand il embarque, ne sait pas ce qu’il va découvrir, et il aurait aussi bien pu ne rien trouver. Mais à chaque étape de ses découvertes, il a le génie de s’engager dans la bonne direction. Le film retrace donc une double aventure, celle d’un homme et celle d’une connaissance.

Toutes les découvertes de Claude Lorius se sont avérées prémonitoires. Peut-on dire que vous avez fait un film sur un prophète de l’humanité ?

Claude n’est pas un prophète dans la mesure où il s’interdit toute interprétation des phénomènes non démontrés par la science. Mais quand il publie ses trois articles historiques dans le magazine «Nature» en 1985, il démontre de manière irréfutable la connexion des gaz à effet de serre émis par l’homme et le climat. Ce faisant, il ouvre la porte à la fois à une science nouvelle, majeure, qui permet de prédire, et il lance une alerte à l’échelle planétaire.

Il se dégage une puissance émotionnelle intense de ces archives, une expérience offerte aux spectateurs ?

Au montage son notamment, on a tout fait pour supprimer la dimension «archives» du film afin de donner le sentiment d’être avec Claude en permanence et de vivre l’expérience de l’Antarctique avec lui : je voulais qu’on soit au-dessus de son épaule pendant les soixante ans de sa vie au cours desquels il est allé en Antarctique. Le travail du son était donc conçu pour apporter du réel et des sensations partagées.


  • Sortie : 21/10/2015
Date de la publication électronique :27 April 2016
Sources :