Le Prophète  –  Roger Allers  –  2015

Fiche générale

  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Salma Hayek-Pinault
    Clark Peterson
    José Tamez
    Ron Senkowski
  • Production :Doha Film Institute
  • Distribution : Pathé distribution
  • Réalisateur :Roger Allers
  • Producteur délégué :Steve Hanson
    François Pinault
    Jeff Skoll
    Jonathan King
    Julia Lebedev
    Leonid Lebedev
    Naël Nasr
    Haytham Nasr
    Jean Riachi
    Julien Khabbaz
    William Nix
  • Compositeur de la musique : Gabriel Yared

Production

  • Producteur :Salma Hayek-Pinault
    Clark Peterson
    José Tamez
    Ron Senkowski
  • Production :Doha Film Institute
  • Distribution : Pathé distribution
  • Producteur délégué :Steve Hanson
    François Pinault
    Jeff Skoll
    Jonathan King
    Julia Lebedev
    Leonid Lebedev
    Naël Nasr
    Haytham Nasr
    Jean Riachi
    Julien Khabbaz
    William Nix
  • Co-financement du projet avec :Participant Media
    MyGroup Lebanon
    FFA Private Bank
    Financière Pinault
    Code Red Productions

Fiche artistique

  • Réalisateur :Roger Allers
  • Œuvre de référence :de Khalil Gibran

Fiche technique

  • Compositeur de la musique :Gabriel Yared

Musique

  • Compositeur :Gabriel Yared
  • Performance speciale :Yo-Yo Ma
  • Musique additionnelle :Lisa Hannigan
    Glen Hansard
    Damien Rice

Résumé et notes

  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

Sur l’île fictionnelle d’Orphalese, Almitra, une petite fille de huit ans, rencontre Mustafa, prisonnier politique assigné à résidence. Contre toute attente, cette rencontre se transforme en amitié. Ce même jour, les autorités apprennent à Mustafa sa libération. Des gardes sont chargés de l’escorter immédiatement au bateau qui le ramènera vers son pays natal. Sur son chemin, Mustafa partage ses poèmes et sa vision de la vie avec les habitants d’Orphalese. Almitra, qui le suit discrètement, se représente ces paroles dans des séquences oniriques visuellement éblouissantes. Mais lorsqu’elle réalise que les intentions des gardes sont beaucoup moins nobles qu’annoncées, elle fait tout son possible pour aider son ami. Arrivera-t-elle à le sauver ?

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

A propos de la production

Le projet Le Prophète a vu le jour il y a plus d’une dizaine d’années quand le producteur délégué Steve Hanson s’est lancé dans une quête qui devait durer huit ans pour obtenir les droits du best-seller intemporel de l’auteur libanais. Ce livre à succès traduit en plus de 40 langues et vendu à plus de 100 millions d’exemplaires ne cesse d’être réédité depuis sa première publication en 1923. D’après Clark Peterson, qui a produit des thrillers sans concession comme Monster (avec Charlize Theron) ou encore le film Rampart sur la corruption de la police (avec Woody Harrelson), les producteurs ont vite compris que seule l’animation serait capable de rendre le lyrisme intemporel du livre à l’écran. « L’animation nous semble être en quelque sorte la forme cinématographique la plus proche de la poésie », explique-t-il. Au départ, le film était conçu comme une suite de courts-métrages animés, mais quand l’actrice et productrice Salma Hayek-Pinault a rejoint l’équipe de production, le projet a pris plus d’ampleur. « Je voulais que le film soit encore plus important, encore plus unique », dit Salma Hayek-Pinault. « J’ai proposé d’utiliser une histoire principale pour accompagner les poèmes et rendre ainsi le film plus accessible, plus familial. Ensuite, on s’est demandé qui pourrait trouver la “colle” censée faire tenir tous ces éléments ensemble. » Pour imaginer ce fil conducteur, les producteurs se sont tournés vers Roger Allers, un scénariste-réalisateur plébiscité et réputé pour son travail sur certains dessins animés Disney qui ont remporté le plus de succès. Après avoir signé le scénario de La Belle et la Bête et d’Aladdin, il a réalisé le blockbuster Le Roi Lion. Il l’a également adapté pour la comédie musicale éponyme donnée à Broadway depuis de nombreuses années, un travail qui lui a valu une nomination aux Tony Awards®. Roger Allers a été confronté à un grand dilemme pour adapter Le Prophète en long-métrage : « La principale difficulté, c’est qu’il n’y a pas vraiment d’histoire dans le livre de Gibran. Il se compose d’une série de chapitres poétiques et philosophiques. En fait, Le Prophète n’est pas un récit. Je ne pouvais m’appuyer que sur trois éléments narratifs : un homme qui attend un navire pendant des années, qui se met à parler à la population, puis qui finit par monter à bord du bateau. Voilà toute l’histoire. » Rapidement, Roger Allers invente une personnalité et un passé au personnage de Mustafa. « Je devais réfléchir à la personnalité de cet homme. Pourquoi reste-t-il ici ? J’ai effectué des recherches sur Khalil Gibran et utilisé des bribes de son passé. Je me suis aussi inspiré d’autres livres de l’auteur pour créer un peu de tension aux moments cruciaux du récit. » Dans l’esprit des autres fables qu’il a conçues pour Disney, Roger Allers a aussi intégré une touche de fantastique à l’intrigue. « Parmi mes idées de départ, l’une d’elles consistait à avoir un personnage de mouette pour qu’on puisse voir le monde selon un point de vue différent », explique-t-il.

Des personnages plus vrais que nature

Pour ancrer les envolées lyriques et philosophiques de Khalil Gibran dans la réalité du quotidien sur une île méditerranéenne, Roger Allers a peuplé le film de personnages inspirés par ceux qu’il a rencontrés quand il vivait en Crète dans sa jeunesse. « Le propriétaire baraqué du café ressemble à un homme que j’ai beaucoup observé pendant l’année que j’ai passée en Crète après l’université. Le marchand de dattes décontracté avec son énorme moustache, c’est le genre de types qu’on peut voir sur les marchés ou dans les rues. Tous ces personnages sont nés de l’observation ; ils sont tous inspirés par de vraies personnes. »

Une esthétique picturale

Pour honorer le ton lyrique du livre, Roger Allers a choisi de raconter l’histoire dans un film d’animation en 2D, un format capable de compléter visuellement le langage élégant de Khalil Gibran. Autrement dit, il voulait éviter l’humour ironique et le rythme frénétique qui caractérisent aujourd’hui de nombreux dessins animés. « Le Prophète n’a rien en commun avec les autres projets d’animation, dont l’idée de départ est toujours très légère et purement divertissante », explique le réalisateur. « Le livre de Gibran aborde toutes les grandes questions de l’existence. Il parle de l’amour et de la mort, des enfants et du travail. Pour rendre justice à son oeuvre, ce film ne pouvait pas jouer sur le ridicule. » Roger Allers a confié la création des somptueux paysages et des décors du village présentés dans le récit principal du film à New Machine Studios et au directeur artistique danois Bjarne Hansen. « J’ai découvert Bjarne via le blog où il poste les splendides petites aquarelles de scènes enneigées qu’il peint chaque année pour des cartes de Noël », se souvient Roger Allers. « Il n’y a pas de neige dans Le Prophète, mais j’ai été séduit par la fraîcheur et la simplicité du travail de Bjarne. Je voulais qu’on ressente la couleur éclaboussant le papier. Bjarne adopte ce genre d’approche et nous avons collaboré pour savoir comment représenter cette île, cette ville et cette lumière éclatante qu’on ne trouve qu’en Méditerranée. » Bjarne Hansen a utilisé un ensemble personnalisé de pinceaux Photoshop pour donner une texture chaleureuse et tactile aux arrière-plans du film. « Comme l’histoire se déroule en Afrique du Nord ou en Europe du Sud, l’image devait posséder une palette chaude et une certaine légèreté visuelle », dit-il. « Nous recherchions un style de dessin éloquent et plus détaillé. » Bjarne Hansen, notamment directeur artistique sur L’Illusionniste, nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleur film d’animation, ajoute : « Nous avons créé ce style aquarelle pour suggérer les choses au lieu de les montrer. J’aime regarder les images produites avec la subtilité et la qualité d’un dessin. C’est ce que j’ai essayé d’obtenir. » En travaillant sur les éléments d’animation avec Bardel Entertainment, Roger Allers a mis au point un système de production inhabituel : les personnages ont d’abord été prototypés sous forme de modèles 3D générés par ordinateur, puis « aplatis » en images 2D, celles qu’on voit finalement à l’écran. « Parfois, des mouvements et des détails se perdaient en route », remarque Roger Allers. « Ça se voyait dans la modélisation des images de synthèse : le fait d’aplatir les scènes d’action leur ôtait toute leur énergie. Heureusement, on avait une fabuleuse équipe d’animateurs 2D avec nous. Ils ont réussi à tout réintégrer, à rendre les formes et les plis. Cette collaboration a été très intéressante. » Les animateurs n’avaient que rarement, voire jamais travaillé sur des projets empreints d’un tel poids dramatique, mais selon Roger Allers, ils ont parfaitement relevé le défi présenté par les thèmes contemplatifs du film. « La plupart des animateurs possédaient de l’expérience en télévision, un domaine très orienté sur l’action et la comédie grand public. Pour ce film, ils devaient animer un drame humain très sérieux. Ils s’en sont sortis à merveille et ont réussi à exprimer des émotions subtiles adaptées au sérieux du thème. »

Donner vie à la poésie

Si Roger Allers et Bjarne Hansen ont misé sur un style d’animation homogène pour le récit principal, ils ont fait confiance à une équipe cinq étoiles d’animateurs internationaux pour interpréter les huit poèmes distincts sous forme de « chapitres » autonomes. Des professionnels visionnaires venus de France, de Pologne, d’Irlande, des Émirats Arabes Unis et des États-Unis ont produit des images éblouissantes pour illustrer le texte de Gibran. « J’avais très envie de travailler avec des animateurs de différentes nationalités », dit Salma Hayek-Pinault. « On leur a laissé carte blanche en termes de style et d’interprétation. Ils ont travaillé en coordination avec Roger, mais chacun a proposé sa propre vision. On a été enthousiasmés par ce que tous ces coréalisateurs ont apporté au projet. » Par exemple, l’animateur polonais Michal Socha était en charge de la séquence « De la liberté ». « Parmi les différents types de liberté dont parle Gibran, j’ai décidé de me concentrer sur les libertés individuelles, qui me semblaient être les plus importantes », dit Michal Socha. « Cette idée m’est venue de la nature. En voyant des oiseaux perchés sur une branche, j’ai pensé à l’expression “libre comme l’oiseau”» Michal Socha a passé près d’un an à perfectionner son segment. Il a d’abord consacré six mois à la conception du story-board et des animations, puis la production a nécessité six mois de plus. « J’ai tout peint image par image. Ça représentait beaucoup de travail mais je suis très satisfait du résultat obtenu. » Nommé aux Oscars, l’animateur Bill Plympton a utilisé une technique complètement différente pour le segment « Du manger et du boire » : « C’est principalement du crayon de couleur sur papier bond. Je sais que c’est très rétro, mais je trouve cette approche rapide et son rendu magnifique. »

Salma Hayek-Pinault

En plus de sa casquette de productrice, Salma Hayek-Pinault a aussi donné vie à la relation mère-fille au coeur du film Le Prophète en prêtant sa voix à Kamila, la veuve qui travaille comme gouvernante chez Mustafa. « Salma apporte beaucoup d’énergie aux séances d’enregistrement, elle se donne vraiment à fond et sa performance crève l’écran », affirme Roger Allers. « En tant qu’actrice, Salma n’excelle pas que dans la flamboyance. Ses scènes avec la fillette étaient pleines de tendresse, de paix et d’intimité. Bien sûr, comme Salma a elle-même une fille, sa performance bénéficie largement de son expérience personnelle. » « Kamila est une veuve qui adorait son mari et se retrouve seule pour élever un enfant à problèmes »,explique Salma Hayek-Pinault. « Elle n’arrive pas à communiquer avec Almitra et ça lui fend le coeur de voir sa fille se refermer. C’est une maman pleine de chagrin qui travaille dur. Je pense que beaucoup de mères à travers le monde se retrouveront en elle. » Si son implication dans un film basé sur un livre de Gibran lui a permis de renouer avec ses origines libanaises, elle tient à préciser pourquoi le lieu où se déroule l’histoire reste délibérément ambigu. « Selon moi, pour que ce film puisse parler à tout le monde, il était essentiel qu’il ne se déroule pas dans un endroit particulier ou à une époque précise. Le film n’a ni nationalité ni religion. Des gens venus du monde entier ont travaillé sur ce projet, des investisseurs aux acteurs en passant par les animateurs. »


  • Sortie : 02/12/2015
Date de la publication électronique :28 April 2016
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé