La Vache  –  Mohamed Hamidi  –  2016

Fiche générale

  • Producteur :Nicolas Adassovsky Duval
    Yann Zenou
    Laurent Zeitoun
    Jamel Debbouze
  • Production :Pathé
    France 3 Cinéma...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Mohamed Hamidi
  • Interprètes : Fatsah Bouyahmed (Fatah)
    Lambert Wilson (Philippe)
    Jamel Debbouze (Hassan)
    Julia Piaton (Jeune reporter)
    Hajar Masdouki (Naima)
    Abdellah Chakiri (Mokhtar)
    Amal El Atrache (Institutrice)
    Miloud Khetib (Ham Hamed)...
  • Scénario :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc
    Fatsah Bouyahmed
  • Adaptation :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc ...
  • Dialogues :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc ...
  • Producteur délégué :Quad
    KissFilms
  • Directeur de production :Grégory Valais (ADP)
  • Directeur de la photographie : Elin Kirschfink
  • Compositeur de la musique : Ibrahim Maalouf
  • Monteur : Marion Monnier
  • Chef décorateur : Arnaud Roth (A.D.C.)
  • Costumier : Hadjira Ben-Rahou

Production

  • Producteur :Nicolas Adassovsky Duval
    Yann Zenou
    Laurent Zeitoun
    Jamel Debbouze
  • Production :Pathé
    France 3 Cinéma
    Agora Films
    14ème Art Production
    Ten Films
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Quad
    KissFilms
  • Directeur de production :Grégory Valais (ADP)
  • Coproducteurs :Romain Le Grand
    Vivien Aslanian
    Souad Lamriki
    Bénédicte Bellocq
    Eric Toledano
    Olivier Nakache
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    France Télévisions
  • Développé avec le soutien de :Cinémage 9 Développement
  • En association avec :Sofitvciné 3
    Palatine Etoile 13
    Cinémage 10
  • Avec la participation du :CNC
  • et le soutien du :Fonds Images de la Diversité
  • Avec le soutien de :la Commission Images de la Diversité
    CNC
    CGET / ACSE
  • Avec le soutien de :la SACEM

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Mohamed Hamidi
  • Scénario :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc
    Fatsah Bouyahmed
  • Adaptation :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc
    Fatsah Bouyahmed
  • Dialogues :Mohamed Hamidi
    Alain-Michel Blanc
    Fatsah Bouyahmed
  • Scripte :Marie Ducret
  • Interprètes :Fatsah Bouyahmed (Fatah)
    Lambert Wilson (Philippe)
    Jamel Debbouze (Hassan)
    Julia Piaton (Jeune reporter)
    Hajar Masdouki (Naima)
    Abdellah Chakiri (Mokhtar)
    Amal El Atrache (Institutrice)
    Miloud Khetib (Ham Hamed)
    Christian Ameri (Lucien)
    Arina Marimon (Cathy)
    Patrice Thibaud (Le Magicien)
    Charline Paul (Claire)
    Catherine Davenier (Jacqueline)
    François Bureloup (Fonctionnaire)
    Pierre Dot (Leader syndical agricole)
    Denis Leroy (Eleveur syndicaliste)
    Brigitte Guedj (Nicole)
    Ophélia Kolb (Stéphanie)
    Malik Bentalha (Jeune banlieue Salon)
    Fehd Benchemsi (Samir du webcaf)

Fiche technique

  • Photographie :Elin Kirschfink
  • Compositeur de la musique :Ibrahim Maalouf
  • Ingénieur du son :Pierre Excoffier
  • Monteur :Marion Monnier
  • Chef décorateur :Arnaud Roth (A.D.C.)
  • Costumier :Hadjira Ben-Rahou
  • Photographe de plateau :Jean-Claude Lother
  • Assistant réalisateur :Arnaud Esterez

Résumé et notes

RÉSUMÉ

Fatah, petit paysan algérien n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu’il rêve d’emmener à Paris, au Salon de l’Agriculture. Lorsqu’il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau pour Marseille, et traverse toute la France à pied, direction Porte de Versailles. L’occasion pour Fatah et Jacqueline d’aller de rencontres en surprises, et de vivre une aventure humaine faite de grands moments d’entraide, et de fous rires. Un voyage inattendu et plein de tendresse, dans la France d’aujourd’hui.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Grand Prix - Festival de l'Alpe d'Huez 2016 ; Prix du public - Festival de l'Alpe d'Huez 2016 ; Prix Michel Galabru - Prix d'interprétation - Festival de l'Alpe d'Huez 2016

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • RENCONTRE AVEC MOHAMED HAMIDI

Résumez-nous l’histoire du film.

Un petit paysan algérien aime tellement sa vache Jacqueline qu’il rêve de la faire concourir au Salon de l’Agriculture. Quand sa demande est enfin acceptée, il l’emmène à pied jusqu’à Paris, en semant tout le long de sa route sa bonne humeur, sa naïveté et son humanité auprès des gens qu’il rencontre.

Comment cette idée vous est-elle venue ?

Faire un road-movie à travers la France me trottait dans la tête depuis longtemps. C’est un pays que je connais plutôt bien parce qu’à partir de l’âge de 17 ans, et pendant des années, je l’ai beaucoup traversé en faisant notamment des colos, en tant qu’animateur. Et quand des gamins des quartiers rencontraient des locaux, paysans ou autres, ça donnait des moments extraordinaires qui m’ont beaucoup touché. Un jour, Fatsah, que je connais depuis dix ans, m’a parlé d’un de ses oncles, passionné d’agronomie et d’engrais, qui lui demandait régulièrement des infos sur le Salon de l’Agriculture qu’il aurait adoré visiter. J’ai fait, avec LA VACHE, le mix de tout ça. Je pense qu’inconsciemment, j’ai été marqué par LA VACHE ET LE PRISONNIER que j’ai vu dix fois dans ma jeunesse et aussi, par LITTLE MISS SUNSHINE, A STRAIGHT STORY, des road-movies que j’ai trouvé passionnants.

Vous êtes trois à avoir signé le scénario. Comment avez-vous travaillé ?

J’ai bossé sur les grandes lignes de l’histoire avec Alain-Michel Blanc, pendant quasiment un an. Fatsah est arrivé à la phase des dialogues, mais il était au courant de la progression du scénario, parce que je souhaitais qu’il joue le rôle principal. On s’est inspiré de nos pères pour créer ce personnage, mais il fallait que les mots sonnent dans sa bouche et comme on a l’habitude d’écrire ensemble, notamment pour le Marrakech du Rire, on s’est beaucoup amusé.

On rit beaucoup tout au long de ce périple mais on est aussi attendri et souvent ému. Qu’avez-vous voulu dire à travers la réaction de tous les gens que Fatah rencontre ?

Souvent, pendant l’écriture du scénario, on m’a fait le reproche d’être trop naïf et trop dans les bons sentiments. J’ai pourtant tenu ce parti-pris jusqu’au bout. Comme dans Les Lettres persanes, quand une personne parée de bonnes intentions et d’une nature positive arrive dans un milieu inconnu, elle récolte ce qu’elle sème. J’avais envie qu’il rencontre des gens accueillants, et ouverts avec lesquels un échange était possible. Avec une espèce de grâce, de simplicité, d’inconscience et de gentillesse, il se permet de tout dire et non seulement les gens ne lui en veulent pas, mais ils l’adorent. Mon père, d’origine rurale aussi, était comme ça, très premier degré, mais d’une manière tellement bon enfant que personne ne le prenait mal. Je ne voulais pas être dans l’agressivité et dans le stéréotype du rejet systématique de l’immigré. Je pense d’ailleurs qu’aujourd’hui, un mec qui se baladerait sur les routes avec une vache provoquerait cette sympathie-là. Surtout quelqu’un comme Fatah.

Fatsah Bouyahmed jouait déjà dans NÉ QUELQUE PART votre dernier film. Avez-vous pensé à lui en écrivant le rôle ?

Tout de suite. Il n’y a pas beaucoup d’acteurs qui soient capables, comme lui, de véhiculer à la fois de l’humour, de la poésie et de la sincérité. L’autre élément important, c’est qu’il n’est pas connu. Le spectateur lambda a vraiment l’impression que ce mec sort du bled avec sa vache. Mais, franchement, cela n’a pas été facile de l’imposer. Quand on expliquait aux distributeurs ou aux chaînes que l’on voulait faire un film avec un arabe inconnu qui traversait la France avec une vache… ce n’était pas gagné d’avance !

Comme dans votre premier film, on a l’impression que vous attachez beaucoup d’importance aux personnages secondaires qui, de la journaliste parisienne, aux paysans, en passant par les artistes de la fête, sont tous formidables.

Alain-Michel Blanc avec lequel j’ai déjà écrit mon premier film m’a appris quelque chose d’essentiel : même si un personnage secondaire n’a que trois minutes dans le film, il faut prendre le temps de lui faire une bio, d’écrire ce qu’il veut, d’où il vient, ce qu’il va apporter au personnage principal et vice versa. C’est un travail hyper utile pour briefer le comédien ensuite. Pour moi, pendant sa scène, un personnage secondaire devient le personnage principal.

Pourquoi le bled est-il quasi omniprésent dans vos deux films ?

Sans doute, pour reconstituer un passé que je n’ai pas eu. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont mes racines, mes parents et le choc que l’immigration a représenté pour eux. Je ne veux pas parler des banlieues, ce que j’ai beaucoup fait par ailleurs quand j’étais prof à Bobigny ou avec le Bondy Blog. Je trouve plus intéressant de faire connaître ce personnage drôle, simple et naïf.

La scène dans laquelle Philippe, le comte, écrit pour Fatah une lettre d’amour à sa femme est irrésistible.

J’avais déjà traité le rapport père/fils mais pas celui entre les hommes et les femmes. Les couples au bled sont très pudiques. Ils n’ont jamais de gestes d’attention l’un envers l’autre, ne se donnent jamais la main et ne s’embrassent jamais en public. Ils n’osent aucune démonstration mais, au bout du compte, l’amour passe, bien sûr, entre eux. J’ai toujours été étonné de voir à quel point nos parents étaient réservés sur les sentiments. Mais quand on est attentif aux chansons qu’ils écoutaient, comme celles de Oum Kalthoum par exemple, c’est d’un romantisme absolu avec une inflation de « je t’aime », « tu me manques », « mon amour » etc. Je montre ce paradoxe dans cette scène, qui est ma préférée où Fatah dicte une lettre à Philippe (Lambert Wilson) pour tenter de reconquérir sa femme.

Pensez-vous que LA VACHE est aussi un film politique ?

Malgré les apparences, oui ! Mais comme dans les fables, il était important pour moi que cela soit induit et pas démontré. En ces temps troubles où certains veulent opposer les religions et les modes de vie, je voulais montrer que les individus, d’où qu’ils viennent, peuvent cohabiter et partager des choses malgré les différences de culture, de statut social, de religion... C’est dans cet esprit-là que j’ai été élevé. Un exemple ? Quand Fatah, musulman pratiquant qui prie tranquillement dans son coin, voit pour la première fois une église, il est tout content d’y entrer pour la visiter. Comme mon père qui, en vacances, nous disait « Venez, on va voir comment c’est à l’intérieur ». Il saluait le curé et lui posait plein de questions ! Cette curiosité, cette simplicité dans l’échange, cette ouverture en quelque sorte, c’est hyper politique pour moi, mais à hauteur du personnage. Fatah voit aussi des manifs d’agriculteurs et d’éleveurs, des pancartes avec des slogans contre les quotas laitiers, la désertification des campagnes…C’est un paysan d’Algérie qui débarque avec ses rêves en France et qui découvre que, là aussi, les gens sont dans la merde.

Pourquoi dit-il qu’à la TV algérienne, on ne voit que des hommes à moustache ?

Au départ, je voulais qu’il dise : « Chez nous t’allumes la télé, tu vois Bouteflika ! Tu changes de chaîne, Bouteflika ! Tu éteins la télé, Bouteflika ! C’est télé Bouteflika ». Mais Bouteflika était hyper malade et je l’ai remplacé par le prototype du politicien algérien : des hommes en cravate avec des moustaches et c’est devenu « télé moustache ». Une façon de dire qu’en Algérie, il n’y a pas beaucoup de place pour le divertissement, ni pour une information libre et diversifiée. C’est surtout la voix du gouvernement qui s’exprime. Heureusement, la presse écrite est plus ouverte.

On connaît l’humour belge, l’humour ch’ti, l’humour anglo-saxon et, quand on écoute parler vos personnages, on découvre un humour bledard.

Les Algériens sont hyper drôles. Il faut entendre ce qu’ils s’envoient, les blagues qu’ils se racontent ! Quand je suis au bled avec mes cousins, le café du village est finalement l’un des endroits où je ris le plus au monde.

  • A PROPOS DE JACQUELINE

« On a fait un véritable casting et ça a été un gros casse-tête. Comme je ne pouvais pas emmener une vache française au Maroc — où l’on a tourné la partie qui se déroule au bled algérien — ni la vache marocaine en France, il a fallu choisir trois vaches identiques, une dans chaque pays et une doublure au cas où…. Cela fait 3 ou 4 ans ans que j’ai cette idée en tête et depuis j’allais régulièrement au Salon de l’Agriculture où j’ai vu des centaines de vaches avec un impératif : Jacqueline devait absolument être marron pour être crédible en vache algérienne. La première que j’ai retenue était une Jersiaise, mais le duo qu’elle formait avec Fatsah ne marchait pas. Elle était un peu trop petite. Ensuite, quand j’ai appris qu’il y avait un élevage de Tarentaises au Maroc, je suis allé les voir et je les ai trouvées très jolies, plus grosses, plus brunes et de bonne taille. Du coup, on a fait un casting à l’envers. J’ai d’abord choisir une belle Tarentaise au Maroc et, ensuite, j’ai cherché son sosie en France. J’ai dû en voir au moins trois cents dans les Alpes ! Les deux sélectionnées sont ensuite parties chez Pierre Cadéac, un dresseur d’animaux pour le cinéma installé à Fontainebleau. C’est là que Fatsah et Jacqueline ont fait connaissance. Pendant tout ce temps, la Jacqueline marocaine avait été mise à l’abri et engraissée. Souad Lamriki, la productrice de cinéma marocaine, l’avait confiée à un jeune garçon, Icham, pour la soigner et, en quelque sorte, l’apprivoiser. Il en est devenu dingue. On a décidé de la lui offrir en lui faisant la surprise le dernier jour de tournage. Il était fou de joie. »


  • Sortie : 17/02/2016
Date de la publication électronique :28 April 2016
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé