Eternité  –  Tran Anh Hung  –  2016

Fiche générale

  • Producteur :Christophe Rossignon
    Philip Boëffard
  • Production :Nord-Ouest Films
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Tran Anh Hung
  • Interprètes : Audrey Tautou (Valentine)
    Bérénice Béjo (Gabrielle)
    Mélanie Laurent (Mathilde)
    Jérémie Renier (Henri)
    Pierre Deladonchamps (Charles)
    Irène Jacob (Mère de Gabrielle)
    Valérie Stroh (Mère de Mathilde)
    Arieh Worthalter (Jules)...
  • Scénario :Tran Anh Hung
  • Adaptation :Tran Anh Hung
  • Producteur exécutif :Eve François Machuel
    Stéphane Quinet
  • Directeur de production :Angeline Massoni
  • Directeur de la photographie : Mark Lee Ping Bing
  • Monteur : Mario Battistel
  • Chef décorateur : Véronique Sacrez
  • Costumier : Olivier Bériot

Production

  • Producteur :Christophe Rossignon
    Philip Boëffard
  • Production :Nord-Ouest Films
    Pathé
    Artémis Productions
    France 2 Cinéma
    Chaocorp Cinéma
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Eve François Machuel
    Stéphane Quinet
  • Directeur de production :Angeline Massoni
  • Coproducteurs :Romain Le Grand
    Vivien Aslanian
    Patrick Quinet
  • Producteur associé :Pierre Guyard
  • Une coproduction avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    France Télévisions
  • Avec le soutien de :Eurimages
  • En coproduction avec :RTBF (Télévision belge)
    VOO
    Be TV
  • En association avec :Mag Guff
  • En coproduction avec :Shelter Prod
  • En association avec :ING Taxshelter.be
  • Avec le soutien du :Tax Shelter du Gouvernement Fédéral de Belgique
  • Avec la participation de :La Wallonie et de la Région Bruxelles-Capitale
  • Avec l'aide du :Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles
  • Avec le soutien de :La Région Provence-Alpes-Côtes d'Azur
  • en partenariat avec le :CNC
  • Avec le soutien de :la PROCIREP
    l'ANGOA
  • Fiche artistique

    • Réalisateur :Tran Anh Hung
    • Scénario :Tran Anh Hung
    • Adaptation :Tran Anh Hung
    • Scripte :Olivia Bruynoghe
    • Interprètes :Audrey Tautou (Valentine)
      Bérénice Béjo (Gabrielle)
      Mélanie Laurent (Mathilde)
      Jérémie Renier (Henri)
      Pierre Deladonchamps (Charles)
      Irène Jacob (Mère de Gabrielle)
      Valérie Stroh (Mère de Mathilde)
      Arieh Worthalter (Jules)
      Philippine Leroy-Beaulieu (Mère de Valentine)
      Yên Khê Tran Nu (Narratrice)

    Fiche technique

    • Photographie :Mark Lee Ping Bing
    • Directeur artistique :Yên Khê Tran Nu
    • Directeur musical :Elise Luguern
    • Ingénieur du son :Pierre Mertens
    • Effets spéciaux :Yann Blondel (superviseur VFX)
    • Monteur :Mario Battistel
    • Chef décorateur :Véronique Sacrez
    • Costumier :Olivier Bériot
    • Monteur son :Alexandre Fleurant
    • Maquilleur :Kaatje Van Damme
    • Casting :Gigig Akoka
    • Assistant réalisateur :Thierry Verrier
    • Conseiller artistique :Nicolas Cambois (coordinateur technique et artistique)
    • Supervision post-production :Julien Azoulay
      Julien Melebeck
    • Mixage :Thomas Gauder
    • Etalonnage :Yov Moor
    • Coiffure :Joëlle Dominique

    Résumé et notes

    RÉSUMÉ

    Quand Valentine se marie à 20 ans avec Jules, nous sommes à la fin du 19ème siècle. À la fin du siècle suivant, une jeune parisienne, l’arrière-petite-fille de Valentine, court sur un pont et termine sa course dans les bras de l’homme qu’elle aime. Entre ces deux moments, des hommes et des femmes se rencontrent, s’aiment, s’étreignent durant un siècle, accomplissant ainsi les destinées amoureuses et établissant une généalogie… Une éternité…

    D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    • RENCONTRE AVEC TRAN ANH HUNG

    ÉTERNITÉ est votre film le plus français : une saga familiale qui nous plonge dans le tourbillon de la vie d’une famille, le long d’un siècle. On peut être surpris par cette thématique. Qu’est-ce qui a déterminé votre choix ?

    Je suis né au Viêt Nam en 1962, et suis arrivé en France en 1975 avec seulement mes parents et mon frère. Les autres membres de ma famille ont été éparpillés par la guerre. Lorsque j’ai lu «L’Élégance des veuves», d’Alice Ferney, dont mon film propose une adaptation, j’ai été bouleversé. Bouleversé par cette histoire de famille nombreuse, de filiation et de généalogie, moi qui me suis senti sans enracinement solide parce que je n’ai connu en tout et pour tout que 3 personnes en guise de famille. C’est en cela que le sujet du livre me touche intimement. Quand je vois une famille nombreuse, j’éprouve un sentiment de solidité, de pérennité qui m’émerveille.

    Être touché par un sujet : est-ce ce qui enclenche un film ?

    Non, une histoire, une thématique ne sont jamais suffisantes. Il faut qu’elles m’apportent la possibilité d’une écriture cinématographique intéressante, inédite dans mon parcours. Le livre d’Alice Ferney était porteur d’une aventure formelle excitante. J’ai compris que cette histoire quasi sans dialogues qui progresse de façon fluide, comme un cours d’eau, allait me permettre de tenter un film très singulier. Évidemment le but de toute proposition de film est de parvenir à créer une profonde émotion chez le spectateur. Quand j’ai fermé le roman, j’étais très ému et j’ai appelé Christophe Rossignon, mon producteur depuis mon premier film. J’étais comme en apesanteur. Je sentais qu’un film différent et profondément émouvant pouvait naître de ce livre. C’est extraordinaire de s’apercevoir qu’on tient un sujet qui va nous permettre d’aller au-delà de la psychologie, au-delà des échanges entre les êtres, au-delà des conflits entre les individus, pour parvenir à un sentiment poignant de l’existence.

    Ce sentiment s’éprouve tout le long du film. Comment filmet-on ce qui ne se voit pas ?

    En faisant le deuil de la notion de la scène. Il n’y a quasiment pas de scènes dans le film, mais seulement des situations esquissées qui passent, qui s’écoulent, entrainées inexorablement par le temps. Pour un cinéaste, c’est un très grand risque que celui pris pour ce film parce que, durant le tournage, je n’ai jamais pu m’appuyer sur la garantie, à la fin de la journée, d’une bonne scène qu’on aura mise en boîte. À proprement parler : ce qui a été mis en boîte n’était que de courtes situations esquissées sans queue ni tête. C’est seulement en prenant ce risque extrême que je pouvais espérer restituer au spectateur l’émotion que j’ai reçue en lisant le livre, une émotion très particulière. Le film se devait d’être comme un seul mouvement musical et ce mouvement dure cent ans.

    Pourriez-vous expliciter ce que vous appelez le deuil de la scène ? Car le film est bien constitué de moments… Qu’est-ce qui distingue ces différents moments de ce qu’on appelle une scène ?

    Dans la scène, il y a l’idée d’une action montrée au présent, même lorsqu’il s’agit d’un flash-back. Une scène peut par exemple être un affrontement physique ou psychologique entre deux personnes. Dans ÉTERNITÉ, il n’y a pas de scènes développées et traitées à proprement parler. Le film est construit autour de 2 notions fondamentales : la naissance et la mort. Une forme de comptabilité des âmes. Et autour de ces notions, se développent, dans les codes et les conventions de l’époque décrite, les thèmes de l’amour, de la conjugalité, de l’amitié. Et l’ensemble est débarrassé de tout détail pour permettre l’écoulement inexorable du temps. Ce temps qui passe, mêlant le présent et le passé, provoque des collisions d’idées et de sentiments et permet une lecture à la fois profonde et poétique du récit par l’immédiateté du passage d’une image à l’autre. Ainsi, les fiançailles de Mathilde et Henri n’ont pas eu lieu au moment de leurs fiançailles mais pendant leur enfance qu’on voit sur l’image qui précède les fiançailles, au moment où, enfants, ils jouent à la bicyclette imaginaire et Mathilde souffle au visage d’Henri. De même, leur mariage n’a pas eu lieu quand ils sont devant le prêtre, mais dans la tête de Mathilde, au moment de la longue promenade de leur voyage de noce où Mathilde formule les doutes et les espérances de la vie conjugale. Gabrielle et Charles ne sont mariés que le lendemain de leur nuit de noce non consommée quand Charles, dans un monologue, exprime la forme du lien qui le lie à Gabrielle. Tout en suivant les conventions de leur époque, les personnages trouvent dans leur intimité un espace où ils parviennent à donner un sens profond et personnel aux rituels sociaux. La force et l’évidence de l’amitié qui lient le quatuor sont telles que Henri et Gabrielle parviennent à braver les conventions de leur époque pour s’unir et réunir leurs familles sous le même toit.

    Êtes-vous nostalgique de cette époque ?

    Je n’ai aucune nostalgie de cette époque, car la nostalgie est liée à un souvenir agréable d’un moment qu’on a soi-même vécu. Je n’ai rien vécu de tout cela. Et je n’ai rien hérité de tout cela non plus. Je suis un Viêt Namien né dans un endroit tellement perdu qu’on s’amuse à dire qu’on y entend des singes tousser. Mes parents sont ouvriers. Ma mère ne sait ni lire ni écrire. Mon père a arrêté ses études à 9 ans à la suite de la mort de mon grand-père, et était placé comme apprenti tailleur dans une famille pauvre. En 75, après avoir payé le taxi qui a déposé ma famille rue Rébéval dans le 19ème arrondissement de Paris, mon père n’avait plus que $17 en poche. Le lendemain de notre arrivée en France, il a commencé à travailler. C’est dire que je n’ai rien en commun avec la bourgeoisie montrée dans le film. Cependant je l’ai fréquentée durant mes années de lycée par des amis qui étaient fils d’ambassadeurs, neveu de ministre… des garçons avec qui je partageais le goût de la lecture et de la musique. Non, ce qui m’a ému dans ce livre, ce n’est pas l’époque, mais une vision de l’écoulement irrépressible du temps : un homme et une femme se rencontrent, s’aiment, font des enfants et meurent. Et ceux des enfants qui survivent font à leur tour des enfants. Je ne décris pas les disputes conjugales ou les divers problèmes de la vie. Le film est vidé d’événements et d’informations qui constituent habituellement un film. Je n’ai gardé que ce qui peut donner aux spectateurs le sentiment de la continuité de la vie par la mort des uns, la naissance des autres et la rencontre des corps qui s’étreignent. Henry de Montherlant disait : «Éternité est l’anagramme d’étreinte.»

    Durant tout le film, les femmes font des enfants, les hommes travaillent ou vont à la guerre. Pensez-vous qu’ÉTERNITÉ puisse susciter des malentendus ?

    Le film montre un monde qui a existé et qui n’existe plus : c’est l’histoire de la famille de l’écrivain, Alice Ferney. Il se trouve que ce livre n’aborde pas la lutte des classes ou l’émancipation des femmes. J’ai souhaité adapter le livre tel qu’il était, dans le but de préserver l’émotion qu’il m’avait procuré à la première lecture. Le film est une ode à la vie, à l’amour, à la durée... Et par extension, une ode à l’amour conjugal. On y voit des hommes et des femmes qui se promettent de vivre ensemble en essayant de construire quelque chose ou du moins de ne pas détruire.

    La musique joue un grand rôle dans cette fusion des instants, mais aussi la voix off. D’où vient-elle et qui parle ?

    La voix off est de la même nature que celle de Barry Lyndon, elle est omnisciente et permet la distanciation. Elle n’est pas la voix d’un personnage mais celle d’un narrateur. Comme j’ai lu le livre d’Alice Ferney avec une voix intérieure féminine, il est naturel que cette voix off soit féminine. La musique et la voix off ont la même fonction : jeter un regard bienveillant et compatissant sur ces gens qui vivent des drames et qui les surmontent pour se réconcilier avec la vie. Pour cette voix, j’ai voulu le plus fidèlement possible garder le texte original d’Alice Ferney parce que la façon qu’elle a de dire les choses est magnifique. C’est un livre davantage d’expression que d’expérience, dans le sens où l’émotion du livre ne vient pas d’une bonne histoire vécue avec des péripéties passionnantes mais vient directement de l’expression littéraire, de l’écriture, autrement dit, d’une certaine façon de formuler la vie.

    • Sortie : 07 septembre 2016
    Date de la publication électronique :28 April 2016
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    • D'après le livre :Editions Actes Sud "L’Élégance des veuves" d'Alice Ferney