Cézanne et moi  –  Danièle Thompson  –  2016

Fiche générale

  • Producteur :Albert Koski
  • Production :G Films
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Danièle Thompson
  • Interprètes : Guillaume Canet (Emile Zola)
    Guillaume de la Comédie-Française Gallienne (Paul Cézanne)
    Alice Pol (Alexandrine Zola)
    Déborah François (Hortense Cézanne)
    Sabine Azéma (Anne-Elisabeth Cézanne)
    Gérard Meylan (Louis-Auguste Cézanne)
    Isabelle Candelier (Emilie Zola)
    Freya Mavor (Jeanne)...
  • Scénario :Danièle Thompson
  • Producteur exécutif :Michel Schmidt
  • Directeur de production :Jacques Arhex
  • Directeur de la photographie : Jean-Marie Dreujou
  • Compositeur de la musique : Eric Neveux
  • Monteur : Sylvie Landra
  • Chef décorateur : Michèle Abbe
  • Costumier : Catherine Leterrier

Production

  • Producteur :Albert Koski
  • Production :G Films
    Pathé
    Orange Studio
    France 2 Cinéma
    Umedia
    Alter Films
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Michel Schmidt
  • Directeur de production :Jacques Arhex
  • Une coproduction en association avec :Sofitvcine 3
    La Banque Postale Image 9
    Cinémage 10
    Cofimage 27
    uFund
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    France Télévisions
  • Avec le soutien :du Tax Shelter du Gouvernement Fédéral de Belgique et des investisseurs du tax Shelter de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • Coproducteurs :Alain Terzian
    Romain Le Grand
    Vivien Aslanian
    Nadia Khamlichi
    Gilles Waterkeyn
    Bastien Sirodot
  • Producteurs associés :Florian Genetet-Morel
    Ardavan Safaee

Fiche artistique

  • Réalisateur :Danièle Thompson
  • Scénario :Danièle Thompson
  • Interprètes :Guillaume Canet (Emile Zola)
    Guillaume de la Comédie-Française Gallienne (Paul Cézanne)
    Alice Pol (Alexandrine Zola)
    Déborah François (Hortense Cézanne)
    Sabine Azéma (Anne-Elisabeth Cézanne)
    Gérard Meylan (Louis-Auguste Cézanne)
    Isabelle Candelier (Emilie Zola)
    Freya Mavor (Jeanne)
    Laurent de la Comédie Française Stocker (Auguste Vollard)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Jean-Marie Dreujou
  • Compositeur de la musique :Eric Neveux
  • Ingénieur du son :Nicolas Cantin
    Alexandre Fleurant
    Vincent Arnardi
  • Monteur :Sylvie Landra
  • Chef décorateur :Michèle Abbe
  • Costumier :Catherine Leterrier
  • Maquilleur :Dominique Colladant (maquillage SFX)
    Tortereau
    Ghislaine (conception des coiffures)
  • Assistant réalisateur :Denis Bergonhe

Résumé et notes

RÉSUMÉ

Ils s’aimaient comme on aime à treize ans : révoltes, curiosité, espoirs, doutes, �lles, rêves de gloire, ils partageaient tout. Paul est riche. Emile est pauvre. Ils quittent Aix, « montent » à Paris, pénètrent dans l’intimité de ceux de Montmartre et des Batignolles. Tous hantent les mêmes lieux, dorment avec les mêmes femmes, crachent sur les bourgeois qui le leur rendent bien, se baignent nus, crèvent de faim puis mangent trop, boivent de l’absinthe, dessinent le jour des modèles qu’ils caressent la nuit, font trente heures de train pour un coucher de soleil... Aujourd’hui, Paul est peintre. Emile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Emile lui a tout : la renommée, l’argent, une femme parfaite que Paul a aimé avant lui. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • RENCONTRE AVEC DANIELE THOMPSON

COMMENT ET D’OÙ EST VENUE VOTRE ENVIE DE FAIRE CE FILM QUI SEMBLE À PART DANS VOTRE FILMOGRAPHIE, PLUTÔT MARQUÉE JUSQU’ICI PAR LES COMÉDIES ?

Il y a une quinzaine d’années, j’ai lu un article qui racontait l’amitié depuis l’enfance de Cézanne et Zola, puis leur éloignement. Je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler jusque-là de cette brouille et que cela m’a intriguée. J’ai alors commencé à lire des biographies de l’un et de l’autre, à relire des textes de Zola que j’avais oubliés, à voir des tableaux de Cézanne que je ne connaissais pas. Il y avait dans cet épisode-là, dans cette fâcherie, une certaine dramaturgie qui dépassait la simple anecdote. À chaque fois que je �nissais un �lm, j’avais envie d’aborder cette histoire mais lorsque j’en parlais autour de moi, on me disait : « Mais non, fais une comédie, c’est ce que tu sais faire. » Je faisais donc une comédie, puis une autre, puis une autre. Jusqu’à DES GENS QUI S’EMBRASSENT, qui n’a pas été le succès que j’espérais et dont l’accueil m’a un peu déstabilisée. J’ai alors décidé de prendre du temps et je me suis plongée pour le plaisir dans la vie de Cézanne et de Zola, sans savoir si j’y trouverais la matière d’un �lm. J’ai lu, j’ai lu, j’ai pris des tonnes de notes, j’ai noirci des tas de cahiers. J’étais complètement fascinée par tout ce que je lisais, par tout ce que j’apprenais.

POURQUOI ?

Parce que j’entrais dans le cœur de la vie de ces gens, dans leur jeunesse. Quand on évoque Cézanne, Zola, Victor Hugo ou Renoir aujourd’hui, on voit tout de suite des vieillards chenus et impressionnants. Là je découvrais des hommes jeunes, en plein devenir, dans une intimité, un quotidien qui, justement, n’étaient pas impressionnants. Ce n’étaient pas des légendes, pas des icônes, juste des jeunes gens avec leurs copains, avec leurs problèmes et leurs rêves, leurs faiblesses et leurs espérances... D’autant qu’on n’est pas si loin de cette époque et qu’il existe beaucoup de textes et de témoignages qui forment une matière incroyablement riche et vivante. Grâce à Jean-Claude Fasquelle, dont le grand-père était l’éditeur de Zola, j’ai rencontré Martine Leblond-Zola, l’arrière-petite-�lle d'Emile. Je me suis immergée dans ce que Zola et Cézanne ont écrit et dans ce qu’on a écrit sur eux, j’ai suivi les chemins qu’ils avaient parcourus, au sens propre et au sens �guré. J’ai consulté à la Bibliothèque Nationale les manuscrits de Zola – émouvants avec leurs ratures ! J’ai arpenté les musées, observant d’un œil neuf les œuvres qui me connectaient à mes lectures. J’ai pris des photos de tous les tableaux qui me parlaient, sur les murs, dans les livres, sur internet. J’ai constitué des albums avec toutes ces images et tous ces documents. J’avais l’impression de vivre au dix-neuvième siècle. Cézanne et Zola étaient devenus ma famille. Et un jour, je me suis sentie prête à tenter l’aventure. J’ai décidé d’essayer de raconter leur histoire telle que je l’imaginais. Mes piles d’albums ont soudain pris vie. Et je me suis mise à écrire. Au départ, je voulais simplement faire un synopsis mais, très vite, je me suis aperçue que j’étais en train d’écrire le �lm !

QU’EST-CE QUI VOUS TOUCHE LE PLUS DANS CETTE HISTOIRE-LÀ, DANS CETTE RELATION DE CÉZANNE ET ZOLA ?

Tout ! Il y a de nombreuses strates dans cette histoire, et c’est justement cela qui m’a passionnée. C’est d’abord l’histoire de deux amis qui vont essayer toute leur vie de rester les amis d’enfance qu’ils ont été, mais qui ne vont pas y arriver. C’est aussi fort qu’une histoire d’amour – voire plus. Comme il est dit dans le �lm, l’amitié c’est encore plus dif�cile que l’amour car il n’y a pas de balises, pas de règles, pas de dé�nition précise. Les histoires d’amitié peuvent être très profondes, très douloureuses, très ambigües aussi... D’autant qu’il y a, après l’adolescence, le partage de l’argent, des femmes, des préoccupations, de l’ambition, de la dif�culté de vouloir devenir un artiste. C’est le deuxième aspect qui me touche. C’est vraiment le cœur du sujet. Comment on vit son destin d’écrivain ou de peintre, et parallèlement une histoire d’amitié. Comment on vit le succès de l’un et pas de l’autre, comment on vit l’un qui admire l’autre et l’autre qui n’arrive pas à admirer le premier... Ce qui est intéressant, en�n, ce sont ces destins croisés : un �ls de pauvres qui devient un bourgeois installé, établi, reconnu, et un �ls de bourgeois qui va �nalement sombrer dans une sorte de marginalisation, menant une vie de bohême avec très peu d’argent, ne gagnant pas un sou avec sa peinture, vivant avec une femme qu’il n’épouse pas, ne s’intéressant à rien d’autre que son art... Et puis au moment où l’un se demande si son inspiration n’est pas tarie, l’autre commence – en�n !– à faire parler de lui, à attirer l’attention sur lui. L’un dont l’œuvre majeure est écrite entre 25 et 50 ans, et l’autre qui ne va véritablement trouver sa voie, qui ne va devenir le précurseur de l’art contemporain, qu’à partir de 50 ans... Dans leur vie, tout est donc tout le temps à contre-sens.

LORSQU’ON ABORDE UN FILM DONT LES PERSONNAGES SONT DES PERSONNALITÉS CÉLÈBRES AYANT EXISTÉ, N’ESTON PAS PRISONNIER DE LA « VÉRITÉ » ?

Si, bien sûr... Pendant mes recherches, je me demandais d’ailleurs si je pouvais prendre suf�samment de libertés avec cette histoire pour en faire un �lm. Or, il se trouve que l’une des raisons les plus plausibles de l’éloignement de Cézanne et Zola est la parution de L’Œuvre. Si dans ce livre Zola s’est beaucoup inspiré de Cézanne, de leur jeunesse, de leur amitié, de leurs préoccupations et de leurs discussions, il a aussi fait son travail de romancier sur la vérité, en prenant des libertés sur leur vie à tous les deux et sur le milieu de l’art, en recréant des situations qui n’étaient pas forcément ou pas entièrement vraies. S’il avait pris certaines libertés, je pouvais en prendre à mon tour ! Je me disais : « Tiens, Cézanne a présenté à Zola celle qui est devenue sa femme et on dit qu’elle a peut-être été auparavant sa maîtresse, eh bien pour moi, c’est sûr, elle l’a été !»

LE FIL ROUGE DU FILM EST CETTE « DERNIÈRE » RENCONTRE À MÉDAN ENTRE CÉZANNE ET ZOLA EN 1888... A-T-ELLE VRAIMENT EU LIEU ?

Peut-être ! Rires. Il s’est passé quelque chose d’insensé lorsque je travaillais sur le scénario... Bien que L’Œuvre, ce livre qui a en quelque sorte scellé leur rupture, date de 1886, et que la dernière lettre de Cézanne à Zola qu’on connaît, celle qui est lue dans le �lm, dans laquelle il le « remercie » de L’Œuvre, est aussi de 1886, j’avais décidé de situer le �l rouge du �lm en 1888. C’est pour eux une année charnière. Il s’est passé beaucoup de choses dans la vie de l’un et de l’autre cette année-là. 1888, c’est la mort du père de Cézanne – et ça compte parce que tout d’un coup, il a de l’argent – et quelques mois auparavant, il a �nalement épousé Hortense. 1888, c’est l’arrivée de Jeanne, la jeune lingère, dans la maison de Zola, et c’est un cataclysme : lui si rangé va en tomber amoureux et �nir par mener une double vie presque of�ciellement... J’ai donc imaginé, contrairement à ce que tous les historiens pensaient, qu’ils s’étaient revus en 1888, et que Cézanne était venu à Médan une dernière fois pour une dernière explication. Le scénario quasiment terminé, je décide alors d’aller à Aix voir les lieux que j’avais décrits sans vraiment les connaître. Je rencontre là-bas Michel Fraisset, le conservateur du dernier atelier de Cézanne, celui de ses quatre dernières années que le monde entier vient visiter, et qui est un lieu extrêmement émouvant avec ses paniers (seules les pommes sont d’aujourd’hui !), sa veste tachée de peinture... Et là, il me dit : « Vous connaissez la dernière lettre de Cézanne à Zola ? – Celle dont tous les historiens parlent ? Oui. – Non, une lettre qui s’est vendue chez Sotheby’s il y a trois mois. » Je me liqué�e sur place. « Non, je ne la connais pas. – On a retrouvé une lettre qui a été vendue chez Sotheby’s pour 17 000 € il y a 3 mois (c’était donc il y a deux ans). Une lettre datée de 1887, dans laquelle Cézanne remercie Zola pour La Terre, le roman qu’il a écrit après L’Œuvre, lettre qui se termine par : « Je vais venir te voir. » En 1887 ! Un an après la dernière lettre connue jusque-là ! C’est quand même extraordinaire, non ? La licence romanesque que je m’étais autorisée devenait soudain extrêmement plausible. Ce que j’avais imaginé avait peut-être vraiment eu lieu ! Après, s’ils se sont vus, on ne sait pas ce qu’ils se sont dit, et c’est là qu’intervient l’imagination du scénariste. En�n, l’imagination... Une imagination qui doit beaucoup aux textes de Zola, aux lettres de Cézanne, aux réponses de Zola, aux témoignages des uns et des autres, aux mémoires de Vollard, le marchand d’art qui a beaucoup fait pour la réputation de Cézanne... C’était passionnant de tout mêler, de jongler ainsi avec l’histoire réelle, de mélanger mes propres dialogues avec ceux qu’on leur prêtait.

  • Sortie : 21/09/2016
Date de la publication électronique :28 April 2016
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé