Seul dans Berlin  –  Vincent Perez  –  2016

Fiche générale

  • Titre original : Alone in Berlin
  • Producteur :Stefan Arndt
    Uwe Schott
    Marco Pacchioni
  • Production :X Filme
    Master Movies...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Vincent Perez
  • Interprètes : Emma Thompson (Anna Quangel)
    Brendan Gleeson (Otto Quangel)
    Daniel Brühl (Escherich)
    Mikael Persbrandt (Prall)
    Katrin Pollitt (Eva Kluge)
    Lars Rudolph (Enno)
    Uwe Preuss (Persicke)
    Daniel Strässer (Zott)...
  • Scénario :Vincent Perez
    Achim Von Borries
  • Producteur exécutif :Michael Scheel
  • Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne
    A.F.C.-S.B.C.
  • Compositeur de la musique : Alexandre Desplat
  • Monteur : François Gédigier
  • Chef décorateur : Jean-Vincent Puzos
  • Costumier : Nicole Fischnaller

Production

  • Titre original : Alone in Berlin
  • Producteur :Stefan Arndt
    Uwe Schott
    Marco Pacchioni
  • Production :X Filme
    Master Movies
    James Schamus
    FilmWave
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Michael Scheel

Fiche artistique

  • Réalisateur :Vincent Perez
  • Scénario :Vincent Perez
    Achim Von Borries
  • Interprètes :Emma Thompson (Anna Quangel)
    Brendan Gleeson (Otto Quangel)
    Daniel Brühl (Escherich)
    Mikael Persbrandt (Prall)
    Katrin Pollitt (Eva Kluge)
    Lars Rudolph (Enno)
    Uwe Preuss (Persicke)
    Daniel Strässer (Zott)
    Joachim Bissmeier (le juge Fromm)
    Monique Chaumette (Frau Rosenthal)
    Sammy Scheuritzel (Baldur)
    Joshua Grothe (August)
    Rainer Egger (Emil Barkhausen)
    Joshio Marlon (Kuno)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Christophe Beaucarne
    A.F.C.-S.B.C.
  • Compositeur de la musique :Alexandre Desplat
  • Monteur :François Gédigier
  • Chef décorateur :Jean-Vincent Puzos
  • Costumier :Nicole Fischnaller
  • Photographe de plateau :Christine Schroeder
    Marcel Hartmann

Résumé et notes

RÉSUMÉ

Berlin, 1940. La ville est paralysée par la peur. Otto et Anna Quangel, un couple d’ouvriers, vivent dans un quartier modeste où, comme le reste de la population, ils tentent de faire profil bas face au parti nazi. Mais lorsqu’ils apprennent que leur fils unique est mort au front, les Quangel décident d’entrer en résistance. Aux quatre coins de la ville, ils placent des messages anonymes critiquant Hitler et son régime. S’ils sont arrêtés, ils savent qu’ils seront exécutés… L’inspecteur Escherich de la Gestapo s’intéresse bientôt à leurs actions et c’est un redoutable jeu du chat et de la souris qui s’engage. Le danger ne fait que renforcer la détermination d’Otto et Anna et leur amour. Progressivement, leur rébellion silencieuse mais profonde transforme leur vie et leur mariage...

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • NOTES DE PRODUCTION

Plus de soixante ans après sa parution, Seul dans Berlin, le roman de Hans Fallada écrit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est devenu un best-seller international. Inspiré d’une histoire vraie, ce roman puissant et rédempteur a été qualifié par Primo Levi de « plus beau livre jamais écrit sur la résistance allemande antinazie ».

DU LIVRE AU FILM

Écrit par Hans Fallada – le nom de plume de l’auteur allemand Rudolf Ditzen (1893-1947) – et publié en 1947 à Berlin-Est, Seul dans Berlin fut l’un des tout premiers romans antinazis, et la manière dont il décrit la répression et la résistance n’a rien perdu de sa pertinence depuis sa parution. Basé sur de véritables dossiers de la Gestapo, que lui a remis un ami romancier juste après la guerre, le livre de Hans Fallada raconte l’histoire d’Otto et Anna Quangel – en réalité Otto et Elise Hampel – un couple d’ouvriers berlinois qui, après avoir perdu leur fils unique, Hans, tué sur le front en France, déclarent la guerre au régime nazi. Ils rédigent sur des cartes postales des messages contestataires exhortant leurs compatriotes à s’opposer au parti nazi d’Hitler et les déposent dans des lieux publics. En 18 mois, ils réussiront à écrire et déposer 285 cartes postales avant d’être arrêtés. Brendan Gleeson, qui incarne Otto Quangel, déclare : « Le caractère ordinaire de ce couple est primordial. Ils sont on ne peut plus banals. Il s’agit d’un film sur la rédemption personnelle et l’idée qu’en refusant d’accepter ce que l’on juge intolérable, on se libère soi-même – même si cela ne fait au final absolument aucune différence. Cela fait partie de la quête de l’homme. » Sa partenaire, Emma Thompson, qui interprète Anna Quangel, ajoute : « Nous avons tous lu des livres écrits à cette période par des gens très instruits, mais ce qui est intéressant chez ces personnages, c’est qu’ils n’appartiennent pas à l’intelligentsia. C’est ce qui a inspiré Hans Fallada dans l’histoire d’Otto et Elise Hampel. Il était important pour lui de mettre en lumière la révulsion des gens ordinaires face à ce qui se passait, à la montée de l’antisémitisme et au port de l’étoile jaune. Ils étaient scandalisés et ne savaient souvent pas comment réagir. Pour ce couple, qui n’appartenait à aucun groupe, mener cette campagne de propagande, considérée comme un acte de trahison, est tout à fait remarquable. Cela nous rappelle combien la résistance est vitale et qu’il n’est pas nécessaire d’avoir reçu une éducation particulière pour distinguer le bien du mal. » Œuvre fondatrice de la littérature allemande, étudiée dans les collèges et lycées d’outre-Rhin, Seul dans Berlin a fait l’objet de nombreuses adaptations télévisées, que ce soit en Allemagne de l’Ouest en 1962, en Allemagne de l’Est en 1970 ou en République tchèque en 2004. Ce n’est cependant qu’en 2009 que le roman est devenu un best-seller et un phénomène international, avec sa parution en anglais sous sa forme abrégée. Il a été publié aux États-Unis par la maison d’édition Melville House sous le titre Every Man Dies Alone (traduction du titre original Jeder stirbt für sich allein) et au Royaume-Uni par Penguin Books sous le titre Alone in Berlin – reprise du titre de la première édition française de 1967, Seul dans Berlin (Plon). Le roman s’est écoulé à plus d’un demi-million d’exemplaires.

Vincent Perez avait lu le roman de Hans Fallada en français en 2007, et comme tant d’autres, il l’avait trouvé révélateur, notamment dans sa description des Allemands ordinaires durant la Seconde Guerre mondiale. Il commente : « J’ai eu un vrai choc en lisant le livre de Fallada, c’est comme s’il racontait l’histoire de ma famille allemande tel que je l’avais fantasmée, c’était comme si, à travers ce livre, j’entendais mes ancêtres me dire, oui c’était comme cela qu’on a vécu le nazisme. » Le producteur Paul Trijbits déclare : « Ce qui rend Seul dans Berlin si spécial, c’est qu’il lève le voile sur ce qu’était la vie à Berlin à l’époque. On découvre de manière inédite le quotidien de gens ordinaires sous un régime totalitaire. Il ne s’agit pas d’un pays occupé à proprement parler, mais pour tous ceux qui s’opposaient au régime, c’était une forme d’occupation. » Le roman de Hans Fallada a trouvé un écho très particulier chez Vincent Perez. Du côté de son père, la famille du réalisateur est en effet originaire d’Espagne, son grand-père s’est battu aux côtés des républicains contre le régime fasciste de Franco durant la guerre d’Espagne, ce qui lui a valu d’être exécuté, tandis que sa famille maternelle a fui l’Allemagne nazie. Il raconte : « Ma mère est née en 1939 ; ses parents et elle, comme tant d’autres, ont choisi l’exode vers l’Est et passé cinq ans sur les routes avant de revenir en Allemagne une fois la guerre terminée. Le fait d’avoir du sang allemand soulève de nombreuses questions auxquelles je tenais à apporter des réponses, et en ce sens ce livre m’a beaucoup aidé car il m’a obligé à me pencher sur mon histoire familiale. » C’est ainsi que le cinéaste a entamé une quête personnelle, désireux de comprendre ce qu’avait vécu sa famille allemande sous le régime nazi. Il raconte : « J’avais trois oncles dont un a été tué sur le front russe, et un grand-oncle qui a été interné dans un hôpital psychiatrique avant d’être gazé dans une des premières chambres à gaz faisant partie de la solution T4. Je me suis rendu sur les lieux où tout cela s’est produit : hôpitaux, chambres à gaz… Les Allemands ont à cœur de maintenir cette mémoire collective vivante, il est important pour eux que personne n’oublie ce qui s’est passé. » Au cours de ce voyage, Vincent Perez a également découvert qu’aucun membre de sa famille n’avait jamais appartenu au parti nazi. Il confie : « C’était assez rare car à l’époque, si vous n’étiez pas membre du parti, c’était considéré comme un acte de résistance. » Après avoir mis en scène deux films – PEAU D’ANGE en 2002 et SI J’ÉTAIS TOI en 2007 – et plusieurs courts métrages (dont deux sélectionnés pour la Palme d’or), Vincent Perez avait décidé de mettre un terme à sa carrière de réalisateur. Il se souvient : « J’étais dans une période de doute sur ma vie, sur ma carrière. Ce film m’a redonné un sens, une nécessité. Lorsque j’ai lu Seul dans Berlin, c’est devenu une obsession, il fallait que je fasse le film, je n’avais plus le choix. J’ai mis 10 ans pour y arriver. » Vincent Perez a alors contacté son ami, le producteur français Marco Pacchioni, et ensemble ils ont essayé de prendre une option sur les droits d’adaptation cinématographique du roman – une procédure qui s’est révélée longue et complexe. Il explique : « Cela nous a pris un an et demi car la maison d’édition allemande était en pleine transition et ne comprenait pas pourquoi un acteur d’origine française, espagnole et suisse tenait tant à adapter ce livre ! » Le réalisateur ne s’est pourtant pas laissé décourager et a entamé l’écriture du scénario malgré l’incertitude concernant les droits. Il raconte : « J’ai commencé le travail d’adaptation avec George Semprun mais nous n’avons pas pu aller jusqu’au bout de ce travail. Nos rendez-vous m’ont permis de me replonger dans cette période, c’est comme s’il m’ouvrait une fenêtre qui donnait sur cette époque. Nous avons finalement pu acquérir les droits et nous sommes mis en quête de financements en France. » Sans succès, car comme l’explique Vincent Perez : « Les Français ne voyaient pas l’intérêt de raconter une histoire allemande. » Et puis en mai 2009, au Festival de Cannes, Vincent Perez a rencontré le producteur de cinéma allemand Stefan Arndt (GOOD BYE LENIN !), lauréat cette année-là de la Palme d’or pour LE RUBAN BLANC de Michael Haneke, un film sur les origines du national-socialisme. Stefan Arndt déclare : « Je connaissais Vincent en tant qu’acteur mais j’ignorais tout de sa carrière de réalisateur. Il m’a dit qu’il souhaitait adapter Seul dans Berlin et m’a demandé si je connaissais Hans Fallada. » Le producteur, qui avait lu le roman lorsqu’il avait 11 ou 12 ans, encouragé par sa mère, raconte : « Je lui ai répondu qu’il s’agissait d’un de mes livres préférés, mais je croyais m’en souvenir comme d’un roman de jeunesse, ce que Vincent a promptement rectifié. Il m’a raconté l’histoire des Hampel et des Quangel, et c’est ainsi qu’a débuté notre collaboration. » Marco Pacchioni a rencontré Stefan Arndt à Cannes peu après, et le projet a réellement démarré. À ce stade, l’équipe envisageait de tourner SEUL DANS BERLIN en allemand. Mais malgré le succès international de GOOD BYE LENIN ! et LE RUBAN BLANC ainsi que le soutien de sa société, X Filme, Stefan Arndt n’a pas réussi à susciter beaucoup plus d’intérêt chez les financiers allemands, qui demandaient à Vincent Perez des compromis que celui-ci n’était pas prêt à faire. Le film a donc bien failli ne jamais voir le jour. Le producteur raconte : « J’avais lourdement échoué, ce qui était une immense déception pour moi car j’étais persuadé que j’arriverais à le financer. Mais en dépit de mon pouvoir et de mon influence, je n’y étais pas parvenu alors que je suis plutôt compétent lorsqu’il s’agit de financer des films : c’est mon métier ! Je me souviens très bien du jour où il a fallu que j’appelle Vincent pour lui annoncer que le film ne pourrait pas être financé en allemand. » Le hasard a cependant voulu que le livre soit traduit pour la première fois en anglais et devienne un best-seller aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Israël. Soudain, il semblait logique de tourner le film en anglais. Vincent Perez commente : « En lisant le livre en anglais, je me suis rendu compte que cela changeait la morale de l’histoire, ce n’était plus une histoire racontée aux Allemands mais une histoire pour tous, cela devenait une histoire allemande où nous avions notre place et dans laquelle nous pouvions nous projeter. Le succès du livre en Angleterre et aux États-Unis a été phénoménal. Cela a permis à Fallada de connaître une véritable renaissance, soudainement beaucoup de ses livres ont été traduits un peu partout dans le monde. » Mais tourner en langue anglaise signifiait repartir de zéro. Stefan Arndt explique : « Nous nous adressions à des personnes différentes, il a donc fallu rédiger un nouveau traitement et faire appel à un nouveau scénariste. » Le producteur a alors contacté James Schamus, le producteur et scénariste cité aux Oscars qui venait de quitter son poste de PDG de Focus Features pour renouer avec la production indépendante. Lors de la Berlinale de 2014, Stefan Arndt et Uwe Schott de X Filme se sont également associés à Paul Trijbits et Christian Grass de FilmWave. Paul Trijbits déclare : « Avant même de créer FilmWave, Christian et moi avions des vues sur ce livre qui nous avait captivés, c’est pourquoi nous avons sauté sur l’occasion de prendre part au film pour faire découvrir cette histoire à un large public. » D’un projet sans financement, le film s’est ainsi mué en coproduction germano-franco-anglaise. Le réalisateur se souvient : « La machine était lancée et on ne pouvait plus l’arrêter ! C’était comme si toutes les étoiles s’étaient enfin alignées. »

  • Sortie : 23/11/2016
Date de la publication électronique :03 January 2017
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • D'après le livre :Seul dans Berlin écrit par Hans Fallada