Mr. Nobody  –  Jaco Van Dormael  –  2010

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
    Allemagne
    Canada
    Belgique
  • Durée : 138 minutes
  • Producteur :Philippe Godeau
  • Production :Pan-Européenne
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Jaco Van Dormael
  • Interprètes : Jared Leto (Nemo)
    Sarah Polley (Elise)
    Diane Kruger (Anna)
    Linh-Dan Pham (Jeanne)
    Rhys Ifans (Le père de Nemo)
    Natasha Little (La mère de Nemo)...
  • Scénario :Jaco Van Dormael
  • Producteur exécutif :Jean-Yves Asselin
  • Directeur de la photographie : Christophe Beaucarne (A.F.C.)
  • Compositeur de la musique : Pierre Van Dormael
  • Monteur : Matyas Veress
    Susan Shipton
  • Costumier : Ulla Gothe

Production

  • Pays de production :France
    Allemagne
    Canada
    Belgique
  • Producteur :Philippe Godeau
  • Production :Pan-Européenne
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Jean-Yves Asselin
  • Coproduit par :Alfred Hürmer
    Marco Mehlitz
    Christian Larouche
    Jaco Van Dormael
  • Producteurs associés :Nathalie Gastaldo
    Mark Gill
    Daniel Marquet
  • En coproduction avec :Integral Film
    Alfred Hürmer - Lago Film
    Marco Mehlitz - Christal Films Productions
    Christian Larouche - Toto & Co Films
    Jaco Van Dormael
  • Coproduit par :France 2 Cinéma
    France 3 Cinéma
  • Avec la participation de :Canal + - Cinécinéma
    France 2
    France 3
  • En association avec :Scope Pictures
    Deutscher Filmförderfonds
    Medienboard Berlin-Brandenburg
    Filmförderungsanstalt
    Land Brandenburg ARD Degeto
    Commerzbank
  • Produit avec la participation de :Téléfilm Canada
    SODEC (Société de développement des entreprises culturelles)
    Québec
    Vlaams Audiovisueel Fonds la Région Wallonne
    RTL TVI
    Fortis Film Fund
  • Produit avec l'aide du :Centre du Cinéma et de l'Audiovisuel de la Communauté française de Belgique et des télédistributeurs wallons
  • Distribution à l'international :Wild Bunch

Fiche artistique

  • Réalisateur :Jaco Van Dormael
  • Scénario :Jaco Van Dormael
  • Interprètes :Jared Leto (Nemo)
    Sarah Polley (Elise)
    Diane Kruger (Anna)
    Linh-Dan Pham (Jeanne)
    Rhys Ifans (Le père de Nemo)
    Natasha Little (La mère de Nemo)
    Toby Regbo (Nemo 15 ans)
    Juno Temple (Anna 15 ans)
    Clare Stone (Elise 15 ans)
    Thomas Byrne (Nemo 9 ans)
    Audrey Giacomini (Jeanne 15 ans)
    Laura Brumagne (Anna 9 ans)
    Allan Corduner (Dr Feldheim)
    Daniel Mays (Le journaliste)
    Michael Riley (Harry)
    Harold Manning (Le présentateur TV)
    Emily Tilson (Eve)
    Roline Skehan (Joyce)
    Anders Morris (Noah)
    Pascal Duquenne (Henry)
    Noa de Constanzo (Nemo 5 ans)
    Chiara Caselli (Clara)

Fiche technique

  • Photographie :Christophe Beaucarne (A.F.C.)
  • Compositeur de la musique :Pierre Van Dormael
  • Ingénieur du son :Dominique Warnier
    Jane Tattersall
    Frederic Demolder
    Lou Solakofski
    Emmanuel De Boissieu
  • Effets spéciaux :Louis Morin (Supervision effets visuels)
  • Monteur :Matyas Veress
    Susan Shipton
  • Costumier :Ulla Gothe
  • Décors :Sylvie Olivé (A.D.C)
  • Maquilleur :Kaatje Van Damme
  • Casting :Toby Whale
    Fiona Weir
    Joanna Colbert
  • Photographe de plateau :Chantal Thomine Desmazures
  • Assistant réalisateur :Renaud Alcalde
  • Conception graphique du futur :François Schuiten
  • Making of :Jules Eerdenkens

Résumé et notes

  • Durée : 138 minutes

RÉSUMÉ

Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : En compétition à la 66ème Mostra de Venise (2009), En compétition au Festival International du Film de Toronto (2009)

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC JACO VAN DORMAEL

Quel est le point de départ de Mr. Nobody ? Mr. Nobody est un film sur la complexité. Le challenge était de parler de la complexité à travers un médium qui tend à simplifier. C’est aussi un film sur la vie. Alors qu’au cinéma, chaque scène est indispensable et tout converge vers la fin ; ma vie, elle, est pleine de trous, de hasards, de scènes inutiles, et va inévitablement vers la mort. C’est ce qui fait sa beauté. C’est un film sur le doute. Mais je peux me tromper… Mais c’est avant tout un film sur le choix. Dans nos choix, quelle est la part de hasard ? Pourquoi fait-on un choix plutôt qu’un autre ? Qu’est-ce qui fait que notre vie est ce qu’elle est ? Quelle est la part de choix, et quelle est la part d’interaction d’une multitude de petites causes dont nous n’avons pas connaissance ? Est-ce qu’un inconnu à l’autre bout de la planète a changé sans le savoir le cours de votre vie en se faisant cuire un œuf ? Quand je suis fou amoureux et que je me dis : « Je ne pourrais pas vivre sans elle », que se serait-il passé si je ne l’avais pas rencontrée ? J’ai pris comme point de départ un court métrage de douze minute que j’avais réalisé en 1982 : E pericoloso sporgersi. Un gamin court derrière un train avec deux choix possibles : partir avec sa mère ou avec son père. A partir de là, on suit les deux avenirs possibles. J’ai entamé une première version basée sur la fait qu’une femme prenne ou ne prenne pas un train. Et puis Pile et face de Peter Howitt est sorti, suivi de Cours Lola cours de Tom Tykwer. J’ai dû chercher autre chose. Et c’est là que je me suis rendu compte que je ne cherchais pas à raconter quelque chose de binaire mais que j’étais avant tout intéressé par la multiplicité et la complexité des choix. Quand on doit faire un choix, il n’y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. C’est une arborescence. Avec ce scénario, j’avais envie de faire sentir ce gouffre né de l’infinité des possibilités. Au-delà de ce sujet, je voulais aussi trouver une manière différente de raconter. Je voulais se faire croiser les regards d’un enfant sur son futur et du vieillard qu’il est devenu sur son passé. Je voulais parler de la complexité, à travers le cinéma qui est, lui, simplificateur. Alors que la réalité qui nous entoure est de plus en plus complexe, l’information est de plus en plus succincte, les discours politiques sont de plus en plus simples. C’est la complexité qui m’intéresse, pas les réponses simples, qui sont rassurantes mais forcément fausses. Quand vous commencez à écrire, connaissez-vous déjà la fin de votre intrigue ? Pas du tout. Si j’étais un scénariste efficace, je ne mettrais pas sept ans à écrire un film. Chez moi, l’écriture a quelque chose d’organique, comme une plante qui pousse. Je vais un peu dans toutes les directions. Un peu comme Le palais du facteur Cheval. Comme Nemo, j’ai beaucoup de difficultés à faire des choix. J’écris donc énormément de possibilités. Ensuite, j’élague. Mais moins je sais où je vais arriver, plus c’est mystérieux, plus ça m’échappe et plus ça m’intéresse. Quand avez-vous compris que vous étiez arrivé au bout de l’écriture de Mr. Nobody ? Comme disent les écrivains, un roman est fini quand on en a marre d’écrire ! Il y a un moment où j’ai pensé ne pas pouvoir faire mieux. A partir de là, il était temps de réécrire avec une caméra et des acteurs, différemment, visuellement. En fait, dès que je commence à me demander où je vais mettre ma caméra, je sais que le temps de l’écriture est arrivé à son terme ! Comment se fait alors le passage de l’écriture à la réalisation ? J’ai voulu donner à chaque vie de Mr. Nobody une grammaire différente. Et utiliser la caméra de manière spécifique pour que dès le premier plan d’une scène, on sache dans quelle vie on est. La vie avec Anna (Diane Kruger) est filmée comme l’adolescence : je reprenais avec Nemo et Anna adultes les mises en place que j’avais faites avec les adolescents, pour que les deux charges amoureuses fusionnent à l’écran. La vie avec Elise (Sarah Polley) joue sur la distance entre elle et Nemo, avec un des deux personnages flous, et une caméra à l’épaule, réaliste. La vie avec Jeanne (Linh-Dan Pham) joue sur le hors champ. Les pieds entrent dans l’image avant le visage. L’essentiel est toujours hors du cadre, comme si on n’y prêtait pas attention. La vie de l’adolescent dans le coma est entièrement floue. La vie du veuf est faite de mouvements de caméra indépendants, contemplatifs, sans rapport avec les mouvements du personnage. La vie de « celui-qui-n’est-jamais-né » est en aplat, irréelle, tout y est net. Pour parvenir à ce résultat, j’ai commencé à découper certaines scènes sur papier. Puis avant le début du tournage, pendant deux semaines, avec mon directeur de la photographie Christophe Beaucarne, nous avons filmé en vidéo des doublures pour dégrossir la grammaire de chaque vie. Pourquoi avoir fait appel à Jared Leto pour Mr. Nobody ? Quand j’écris, j’essaie de ne pas avoir un visage en tête. Je garde ouverte le champ des possibles. Dans le cas de Mr. Nobody, j’avais besoin d’un acteur de transformation, tant par le visage que par la voix, le rythme, la respiration. Aux vues des nombreux films où il est méconnaissable, Jared Leto a ce goût évident de la transformation. Cela s’est confirmé sur le plateau : plus il est différent de lui-même, plus il est à l’aise et brillant. C’est là qu’il est le plus naturel, comme lors des scènes où il joue un vieillard. Jared est un acteur de transformation. En ce sens, le travail de la maquilleuse Kaatje Van Damme a beaucoup aidé les acteurs à différencier les vies, et à faire le lien entre les adolescents et les adultes pour qu’ils ne fassent qu’une seule et même personne.


  • Sortie : 13 janvier 2010
Date de la publication électronique :07 February 2018
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé