Yao  –  Philippe Godeau  –  2019

Fiche générale

  • Durée : 140 minutes
  • Producteur :Philippe Godeau
    Omar Sy
  • Production :Pan-Européenne
    Korokoro...
  • Distribution : Pathé
    Pan-Européenne
  • Réalisateur :Philippe Godeau
  • Interprètes : Omar Sy (Seydou Tall)
    Lionel Basse (Yao)
    Fatoumata Diawara (Gloria)
    Germaine Acogny (Tanam)
    Alibeta (Taximan)
    Gwendolyn Gourvenec (Laurence Tall)
  • Scénario :Philippe Godeau
    Agnès de Sacy
  • Directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre
  • Compositeur de la musique : -M-
  • Monteur : Hervé de Luze

Production

  • Producteur :Philippe Godeau
    Omar Sy
  • Production :Pan-Européenne
    Korokoro
    France 2 Cinéma
  • Distribution : Pathé
    Pan-Européenne
  • En collaboration avec :Kossi Efoui
  • Coproduit par :Nathalie Gastaldo Godeau
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    France Télévisions
  • En association avec :Indéfilms 6
    Cinémage Developpement 9 & 12
    Bleu et Jaune Productions 8
  • Avec le soutien du :Programma Europe Creative
    Média de l'Union Européenne
  • Audiodescription et sous-titrage SME réalisés avec la participation du :Centre National du Cinéma et de l'Image Animée

Fiche artistique

  • Réalisateur :Philippe Godeau
  • Scénario :Philippe Godeau
    Agnès de Sacy
  • Interprètes :Omar Sy (Seydou Tall)
    Lionel Basse (Yao)
    Fatoumata Diawara (Gloria)
    Germaine Acogny (Tanam)
    Alibeta (Taximan)
    Gwendolyn Gourvenec (Laurence Tall)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Jean-Marc Fabre
  • Compositeur de la musique :-M-
  • Ingénieur du son :Jean-Luc Audy
    Loïc Prian
    Jean-Paul Hurier
  • Monteur :Hervé de Luze
  • Photographe de plateau :Nouma Bordj

Résumé et notes

  • Durée : 140 minutes

RÉSUMÉ

Depuis son village au nord du Sénégal, Yao est un jeune garçon de 13 ans prêt à tout pour rencontrer son héros : Seydou Tall, un célèbre acteur français. Invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre, ce dernier se rend dans son pays d’origine pour la première fois. Pour réaliser son rêve, le jeune Yao organise sa fugue et brave 387 kilomètres en solitaire jusqu’à la capitale. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines. D’après le synopsis publicitaire du film

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Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC PHILIPPE GODEAU

Portiez-vous ce projet en vous depuis longtemps ? Quel en fut le déclencheur ?

J’ai eu l’idée de ce fi lm il y a longtemps. J’en ai parlé à Omar car j’avais l’intuition qu’il serait sensible à cette histoire, qu’il en partagerait la part intime et les valeurs qu’elle véhicule. Outre la beauté esthétique et exotique du Sénégal, ce sont surtout les valeurs inhérentes à sa culture qui me touchent et que je voulais faire ressentir dans le fi lm : le sens de la famille, du partage, de l’accueil, de la foi que l’on perçoit fortement quand on est là-bas. Contrairement au Dernier pour la route qui revendiquait un certain didactisme - puisque l’un des enjeux du fi lm était de faire comprendre les mécanismes de la dépendance – je cherchais là à faire ressentir que, pas si loin de nous, des gens vivent différemment et que cette différence est inspirante.

Dans quelle mesure Omar Sy était-il indispensable à ce projet ? Avez-vous écrit le rôle de Seydou pour lui ?

Omar est central dans ce projet et nous avons, avec Agnès de Sacy, écrit ce rôle en pensant à lui. Omar nous permet d’entrer dans l’intimité d’un ailleurs. Il est la personnalité préférée des Français depuis l’immense succès d’Intouchables. Père de cinq enfants, il est parti s’installer à Los Angeles pour protéger sa famille, compte tenu de sa notoriété considérable en France. Tout aurait pu perdre cet homme après un plébiscite pareil. Or il est resté lui-même et continue de poursuivre sa carrière en France, comme à l’étranger. En ce qui me concerne, j’avais l’intuition qu’Omar avait besoin de se confronter de nouveau à ses racines et qu’il serait bon qu’il le fasse devant une caméra. Il est intéressant de mêler l’art et la vie, même si nous ne faisons pas notre psychanalyse à travers des films ! Nous avions un vrai désir de cinéma autour de cette histoire. Nous partageons tous deux un attachement profond à la question de la paternité, des origines. Je sentais fortement que nous pouvions raconter cette trajectoire ensemble, celle d’un acteur à succès, qui souhaite emmener son fi ls découvrir le pays de ses ancêtres et qui se retrouve à faire ce voyage avec un autre enfant que le sien.

On sent chez vous, réalisateur comme producteur, la volonté de faire affranchir des frontières physiques et mentales aux spectateurs.

Le cinéma est un art, un divertissement et un geste politique. Il y a chez moi le désir de pousser des portes de lieux, d’univers où je n’aurais peut-être pas spontanément l’envie ou la possibilité d’aller. D’inviter le spectateur que ce soit dans une unité de soins palliatifs dans C’est la vie de Jean-Pierre Améris ou un centre de désintoxication dans Le Dernier pour la route, par exemple. Le Sénégal que je montre n’est pas des plus touristiques, il y a là aussi de ma part une envie de faire découvrir un pays et une culture et de les rendre peut-être ainsi moins lointains. J’aime à croire que le cinéma peut faire un peu bouger les mentalités, rendre curieux, et qu’il nous permet d’aller plus facilement ensuite vers ce qui est différent de nous.

C’est la part documentaire du film qui revendique, aussi, son terreau fictionnel et se situe au mitan du road-movie et de la fable. D’où vient ce goût pour cette zone frontière ?

J’ai toujours aimé me situer à la limite entre la réalité et la fiction. J’ai besoin de croire à ce que je vois, à ce que je filme. J’aime ce moment où l’on ne sait plus où l’on se trouve entre réel et imaginaire, j’aime le petit vertige que cela suscite. Je crois aux pouvoirs du cinéma d’élargir les consciences et j’aime quand le romanesque et le réalisme se font la courte échelle. L’un au contact de l’autre sont vertueux, me semble-t-il. Surtout dans une société comme la nôtre où chacun doit être à sa place et où l’on a peur de la différence. Quand le cinéma vous permet d’affronter vos peurs et de les rendre moins terrifiantes, c’est extraordinaire ! Le cinéma nous fait entrer chez les gens et les regarder autrement. J’aimerais que Yao permette aux spectateurs de se questionner sur les notions de différence.

Omar Sy a une façon humble et droite de se tenir sur cette terre. Il est le contraire d’un conquérant dans Yao. Son jeu est très sobre. Vous le filmez en position d’accueil, d’écoute et de réceptivité totale.

Je n’ai pas fait grand chose, à part faire confiance en sa capacité à être présent. Nous prononcions souvent le mot « accueil » sur le tournage. Il s’agissait de laisser venir, d’attraper ce qui nous était donné. Omar se mettait à nu. Il aurait été tentant pour lui de se protéger, mais il a su être ouvert simplement. C’est un acteur qui peut tout jouer, du clown au drame en passant par les scènes d’action. Là, il lui fallait incarner son personnage dans le plus grand dépouillement et permettre ainsi au spectateur de faire ce voyage avec lui.

  • Sortie : 23 janvier 2019
Date de la publication électronique :25 February 2019
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé