La Peur  –  Michel Carré  –  1909

Fiche générale

Affiche
  • Numéro de film : 2763
  • Genre : Scènes dramatiques et réalistes (8me Série)
  • Production :Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL)
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur :Michel Carré
  • Interprètes : Henri Desfontaines
    Gabrielle Rosny
    Jeanne Bérangère
  • Scénario :Michel Carré

Production

  • Production :Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL)
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur :Michel Carré
  • Scénario :Michel Carré
  • Interprètes :Henri Desfontaines
    Gabrielle Rosny
    Jeanne Bérangère

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scènes dramatiques et réalistes (8me Série)
  • Métrage : 245 m ; 803.6 f.
  • Code télégraphique : Grâce

RÉSUMÉ

En longeant une rue déserte et brumeuse, un voyou, hâve, loqueteux, la cigarette aux dents, s’arrête sous une fenêtre illuminée. L’homme hésite une seconde, s’éloigne puis revient et, prenant une brusque décision, enjambe la balustrade. Devant sa toilette, une jeune femme détache un à un ses bijoux et les serre dans une cassette. Derrière elle, une main pousse la vitre ; un courant d’air glacial l’enveloppe, la fait frissonner. Elle se retourne, tandis qu’une ombre furtive se glisse à l’abri des doubles rideaux. Apercevant la fenêtre ouverte, la demi-mondaine va la fermer puis revient tranquillement à sa toilette et, souriante, commence à compter les billets de banque contenus dans un coffret. À ce moment, l’homme rampe jusqu’à elle et, avant qu’elle ait le temps de pousser un cri, lève son couteau et le lui enfonce dans la gorge. Vivement, il arrache les bagues de ses main, s’empare pêle-mêle des cassettes, du coffret, d’un peignoir, de l’or et des billets et enveloppe le tout dans un tapis de table. Comme il ouvre la fenêtre pour fuir, deux agents passent. Le cœur battant, l’assassin referme précipitamment, écoute les pas qui s’éloignent puis, la rue étant redevenue déserte, il enjambe la barre d’appui et prend la fuite. Dans le pauvre logis que l’ouvrier partage avec sa sœur, la soupe chauffe sur le poêle. La jeune fille, en l’atten­dant, coiffe une de ces têtes de carton qui servent aux modistes. Le précoce meurtrier entre, se verse un verre de vin et boit à larges traits. Comme il repousse la soupe que sa sœur lui présente, celle-ci lui montre sa bourse vide. Alors, après une courte hésitation, il tire de son gousset une pièce de cinq francs et tandis que la jeune fille va aux provisions, il pousse le verrou, défait fébrilement le paquet et, en hâte, cache les objets volés. Soudain, on frappe à la porte. Il frémit, torturé par la peur du forfait découvert. C’est sa sœur. Gaiement, elle étale sur la table les victuailles qu’elle vient d’acheter. Lui, sombre, taci­turne, secoué de frissons convulsifs, examine avec an­goisse ses mains tachées de sang. La jeune fille se met à table. Comme son couteau ne coupe pas, machinalement son frère lui passe le sien, le couteau encore sanglant du crime ! Elle le prend. Elle va s’en servir pour couper sa nourriture. Alors, il fixe sur elle des yeux dilatés par l’horreur. Et, brusquement, il saisit l’assiette et la jette par la fenêtre. La jeune fille le regarde avec inquiétude. Docilement, elle allume une bougie et se retire dans la chambre voisine, tandis que son frère s’étend sur son lit. Il prend sous l’oreiller la cassette qu’il y a cachée et en examine avidement le contenu. Il y a là une fortune. Il va donc pouvoir, lui aussi, jouir de la vie. Malgré cette perspective souriante, le misérable s’agite sur sa couche, en proie à la fièvre et au remords. Tout à coup, il croit voir remuer le rideau de sa fenêtre. Il attend, le cou tendu, osant à peine respirer ; le rideau ne bouge plus, puis soudain, il s’agite à nouveau. L’homme, le cœur battant, se coule jusqu’à la fenêtre… Un souffle d’air frais le frappe en plein visage et agite la draperie. Rassuré, l’homme ferme la fenêtre et revient se coucher, mais il heurte la bougie qui tombe à terre et la chambre se trouve plongée dans l’obscurité, en même temps qu’un bruit de pas le fait sursauter de frayeur. Il pousse un cri : “À moi ! à moi !” Sa sœur, alarmée, accourt. Des locataires qui descendent s’arrêtent intrigués sur le palier. Honteux de sa peur, il rassure la jeune fille, avale un grand verre de vin et s’assied sur le bord de son lit, abruti par l’ivresse. Peu à peu, son œil devient hagard et semble refléter quelque épouvantable cauchemar, tandis que sa main dessine sur son cou le geste tranchant du couperet de la guillotine. Haletant, la gorge sèche, il boit et cherche l’oubli dans le sommeil. Mais un long frisson parcourt ses membres et ses deux poings s’enfoncent dans ses yeux pour y écraser l’image ineffaçable du crime dont la vision se déroule, lui faisant revivre ses émotions les plus violentes, depuis la première minute jusqu’à la dernière. Il se lève comme un fou et bat le vide de ses mains qui cherchent des fantômes, saisit sur la cheminée la tête de carton peint, qui prend sous son regard les traits de sa victime et l’écrase sous son talon. Puis, brisé de fatigue et d’émotions, il s’effondre sur son lit et s’endort. Quelques secondes s’écoulent… Sa sœur, sur la pointe des pieds, entre dans la chambre dont elle embrasse le désordre d’un coup d’œil. Dans un coin, elle découvre l’élégant peignoir. Serait-ce une surprise pour elle  ? Elle le revêt et, coquettement, se mire dans la glace. À ce moment, les yeux de l’assassin s’ouvrent lentement et se fixent sur la jeune femme avec une expression d’épouvante indicible. Il saisit sous son matelas le couteau qu’il y avait caché, rampe jusqu’à elle pour anéantir cette vision terrifiante et la frappe comme il a frappé l’autre. La malheureuse tombe à terre et les yeux désillés de son frère la recon­naissent. Croyant continuer le cauchemar de cette nuit d’épouvante, doutant de l’évidence, il s’élance vers la chambre de sa sœur et la cherche. Personne ! Alors, il se précipite sur le palier en appelant du secours. Des voisins accourent et trouvent le pauvre halluciné, agenouillé sur le carreau taché de sang, tenant sa sœur morte entre ses bras, fou d’épouvante et de douleur.

En savoir plus

Annoncé dans P.C.G. n° 93, 15.2.1909

Sources S. Dalton : Catalogue Pathé Des Années 1896 À 1914 (1907-1909), by Henri Bousquet |p 171 |y sum

Date de la publication électronique :14 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004