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Le muet : De Pathé Cinéma à Pathé Consortium Cinéma (1919-1928)

La production des années 1920 est fortement marquée une crise cinématographique caractérisée par l´arrivée massive de films américains et un manque de capitaux. Au sortir de la guerre, Pathé distribue beaucoup de films étrangers, notamment des productions italiennes. En 1921, Pathé se sépare en deux, Pathé Cinéma et Pathé Consortium Cinéma, cette dernière société étant chargée des activités de production, de distribution et d´exploitation. Financée principalement par des hommes de la région bordelaise, elle est dirigée à ses débuts par les collaborateurs de Charles Pathé. lire la suite...

Dans l´organisation du groupe Pathé, cette société succède à la SCAGL qui, avec les films d´André Antoine, livre ses dernières vues en 1921. La première production de Pathé Consortium Cinéma, Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger, connaît le succès en France et à l´étranger, confortant les projets orientés vers la production de films à épisodes à caractère français. Les récits tirés de ces grandes productions paraissent dans la presse populaire. Avec ces films sont aussi distribuées des bandes comiques américaines (Charlie Chaplin, Harold Lloyd) et des magazines d´actualités comme le Pathé-Revue.Malgré des réalisations de grande qualité (La Roue, Gossette, Les Misérables, etc.), la situation financière de la société est mauvaise. Le Consortium n´assure bientôt plus que la distribution des films réalisés par d´autres, en particulier par son principal partenaire, la société des Cinéromans, société de production spécialisée dans les films à épisodes. Les rapports entre les deux sont étroits, les déboires de l´une portant le dirigeant de l´autre, Jean Sapène, à la tête de la première. Tandis que s´affirme l´esthétisme de Jean Epstein ou de Germaine Dulac, les réalisations les plus coûteuses sont écartées. Abel Gance, proche de Charles Pathé depuis la fin des années 1910, est le meilleur exemple de l´échec des ambitions, la société l´abandonnant après la sortie de La Roue (1923).

En 1928, Pathé Cinéma rompt définitivement toute attache avec Pathé Consortium Cinéma, désormais nommé Paris Consortium Cinéma. Le bilan du Consortium est mauvais, mais ses réalisations dans le domaine de l´exploitation et de la production ouvrent des voies à Bernard Natan, futur dirigeant de Pathé Cinéma et repreneur des studios de Cinéromans. La société sera à nouveau intégrée au groupe Pathé au début des années 1930. ...replier le texte