Histoire d’un crime  –  Ferdinand Zecca  –  1901

Fiche générale

  • Autre titre : The Story of a Crime (an U.K. and U.S. title)
  • Numéro de film : 358
  • Genre : Scènes dramatiques et réalistes (8me Série)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Ferdinand Zecca
  • Scénario : Ferdinand Zecca

Production

  • Autre titre : The Story of a Crime (an U.K. and U.S. title)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Ferdinand Zecca
  • Scénario : Ferdinand Zecca

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scènes dramatiques et réalistes (8me Série)
  • Métrage : 115 m ; 360.8 f.
  • Code télégraphique : Alcôve

RÉSUMÉ

1 - Le Meurtre.

Un cambrioleur s’est introduit la nuit dans une maison de banque. Surpris par le préposé à la garde de la caisse, il n’a plus qu’une issue, tuer pour se sauver. Il s’arme d’un couteau qu’il plonge dans le coeur de l’infortuné garçon et se dispose à fracturer le coffre-fort.Mais le garde, dans un suprême effort, a pu saisir son revolver, mais au moment de faire feu sur son meurtrier, il tombe pour ne plus se relever, victime de son devoir. L’assassin peut dès lors emplir ses poches des valeurs et des billets de banque qu’il trouve à sa portée.

2 - L’Arrestation.

L’assassin, les poches bien garnies et vêtu d’habits neufs, fait la fête dans un mauvais lieu. Il étale avec complaisance ses richesses aux yeux éblouis des femmes de l’endroit. Survient le commissaire de police escorté de deux agents qui s’emparent de lui. Mal gré une énergique résistance où, après avoir lancé une bouteille de champagne à la tête du commissaire et avoir essayé en vain de se servir d’un revolver, il est désarmé, ligoté et finalement emporté par les agents.

3 - La Confrontation.

Emmené devant sa victime étendue sur une dalle de la Morgue, il ne peut en supporter la vue. Il tombe à genoux complètement terrifié, il est vaincu par le remords, c’est un aveu.

4 - La Cellule des condamnés.

Le misérable est passé en cour d’assises. Étant donné ses mauvais antécédents, rien n’a pu émouvoir le jury. Il subira le châtiment suprême. Au début de la scène, il dort. Pendant son sommeil, il revoit en rêve les jours heureux de son enfance ainsi que sa mauvaise conduite qui devait le pousser au crime (voir Le Rêve du condamné).Mais il ne tarde pas à être réveillé par le directeur de la prison suivi du procureur de la République et de son avocat qui vient lui annoncer que l’heure de payer sa dette à la société est arrivée. L’aumônier essaie de lui prodiguer les consolations de la religion, qu’il repousse. Il ne reste plus qu’à le remettre aux mains du bourreau.

5 - La Toilette.

Le bourreau accomplit sa tâche. Ainsi qu’il est d’usage, il lui coupe les cheveux et son col de chemise. Le misérable entravé, les mains attachées derrière le dos, subit l’infâme toilette dans un état de prostration complète, envahi par les affres de la peur. L’aumônier tâche de le ramener à de meilleurs sentiments.

6 - L’Expiation, l’Exécution.

Soutenu par les aides, le condamné arrive à la porte de la Roquette que deux gardiens viennent d’ouvrir à deux battants. On aperçoit l’appareil de justice dressé au milieu de la place. À sa vue, le misérable défaille, les aides le relèvent brutalement tandis que l’aumônier se place devant lui pour lui masquer l’horrible spectacle. Le cortège continue sa marche jusqu’au pied de la guillotine, le condamné est poussé sur la bascule, le couteau tombe. Justice est faite.Au 4ème tableau : le rêve du condamné. C’est avec intention que nous avons introduit à cet endroit (page 8 de la notice spéciale illustrée) cette composition en trois parties. Elle est destinée à illuminer, à égayer pour ainsi dire cette pièce plutôt sombre et en compléter le côté artistique.

Première partie.

Nous sommes dans un atelier de menuiserie ; un excellent ouvrier peine pour subvenir aux besoins de sa famille. Survient son enfant accompagné de la maman fière de ses succès. Ils viennent de la distribution des prix, heureux de montrer au papa combien on a été sage et studieux. Le père, tout joyeux, suspend son travail pour embrasser son fils.

Deuxième partie.

C’est le type du ménage d’ouvriers heureux et prospère ; l’enfant devenu grand a quitté l’école ; il est en apprentissage, il rentre le soir la journée terminée. Le père vient d’arriver aussi, tandis que la maman achève les préparatifs du repas. Ils se mettent à table.

Troisième partie.

L’enfant est devenu un homme. Entraîné par de mauvais camarades, il s’attarde un jour de paie à l’Assommoir. Il joue, mais, poursuivi par la guigne, il perd toute sa semaine. À ce moment, entre un garçon de banque venant présenter une traite au patron de l’établissement. Le malheureux assiste à cette scène, la vue de l’or l’éblouit et le fascine ; l’idée du crime germe immédiatement dans son esprit. Excité par les libations alcooliques, il part précipitamment, le sort en est jeté, rien ne l’arrêtera plus sur la pente fatale.

D'après Susan Dalton : Drama comprising 6 pictures. 1. The Murder. 6. The Execution. (Write for special and illustrated list.)

En savoir plus

Sujet dans le Catalogue n°4, mars 1902 Scènes à grand spectacle qui en indiquait également le prix  : 220 francs et la durée de projection  : 7 minutes. Il était précédé de cette notice  : “Le Cinématographe qui restera comme la plus merveilleuse découverte du XIX e siècle est aujourd’hui entré dans les mœurs. Sans vouloir s’étendre sur la partie scientifique, il possède le don d’amuser les masses. Il n’est pas en effet de fête de village aussi humble soit-elle qui n’ait son Cinématographe. Le forain en a fait son domaine, sa chose pour ainsi dire, et il en a porté la vulgarisation dans les cinq parties du monde. Jusqu’à présent, à peu près tous les sujets ont été exploités. Les vues de plein air, les places publiques, les défilés militaires, les scènes comiques et à transformations, les féeries, etc., en ont constitué la matière. Il restait cependant un genre que nul fabricant n’avait encore osé aborder, c’est le Drame. Pourquoi? Est-ce à dire qu’il n’aurait pas son succès comme le reste? Nous croyons le contraire. Est-ce que le public, le gros public surtout ne court pas au théâtre à l’annonce d’un beau Drame? Les succès remportés par La Porteuse de Pain, Roger la Honte, Les Deux gosses, pour ne citer que ceux là, viennent répondre affirmativement à notre tentative… C’est pourquoi nous soumettons à l’appréciation de notre nombreuse clientèle, un Drame, un vrai celui-là, bien vécu, qui constitue une sorte de fait divers, de roman feuilleton en action.”

Sorties  : 1 - Companhia d’Arte e Bioscope Inglès, Teatrinho Iracema, Fortaleza (Brésil), 17.8 au 8.9.1902 2 - Grand Ciné Nesterson, Cirque de la Touraine, Tours, 2 au 5.12.1904 3 –Teatro Calderon, Zacatecas, Mexique, 14.5.1905

“La première pièce cinématographique est de lui. Elle s’appelait L’Histoire d’un crime. M. Zecca avait brossé les décors lui-même ; il avait imaginé le scénario ; il s’était transformé en metteur en scène. Il avait enfin procédé aux prises de vues. Le film, très discuté, nous valut notoriété et profit.” Charles Pathé

Sources S. Dalton : The Pathé Cinematograph Co. Ltd. London: Pathé, Mai, 1903. |p 080 |y sim pic ; Films Pathé Frères - Supplément. Paris: Pathé, Aout, 1904. |p 114 |y sum pic ; The Pathé Cinematograph Co. Ltd. London: Pathé, 1905. |p 126 |y sum pic ; Pathé Films. New York: Pathé Cinematograph Co., April 1906 |p 023

Film tourné le 22 avril 1901 ; métrage initial de 240,4 mètres. Source : Journal comptable n° 3 de la Compagnie générale de Phonographes, Cinématographes et Appareils de Précision, 28 février 1902 ; coll. Fondation Jérôme Seydoux-Pathé


Date de la publication électronique : 25 septembre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004