Les Victimes de l’alcoolisme  –  Zecca / Ferdinand  –  1902

Fiche générale

  • Numéro de film : 396
  • Genre : Scène dramatique en cinq tableaux
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Zecca
    Ferdinand

Production

  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Zecca
    Ferdinand

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scène dramatique en cinq tableaux
  • Métrage : 140 m
  • Code télégraphique : Alcool

RÉSUMÉ

  1. Intérieur du ménage ouvrier heureux et prospère. Nous sommes dans un intérieur ouvrier où l’on sent de suite l’ordre et la propreté. Tandis que le mari travaille au dehors, la femme peut encore faire quelques ouvrages de couture qui viennent augmenter le petit pécule de la communauté. Grâce à sa mère qui s’occupe des petits, on voit que rien ne laisse à désirer dans le ménage. Mais l’heure s’avance. Le mari va bientôt rentrer de son travail, vite on met le couvert. Il ne tarde pas en effet à arriver. Il dépose sa valise d’ouvrier dans un coin et tout le monde lui saute au cou. La soupe fumante est servie et à en juger par la satisfaction générale, rien ne saurait faire prévoir que le plus épouvantable des fléaux plane sur cette honnête famille qui de ce fait sera bientôt réduite à la plus noire des misères.
  2. Le premier pas chez le marchand de vins. Un matin en se rendant à son travail, il a fait la rencontre de mauvais camarades ; de ces garnements qui trouvent le moyen de passer la plus grande partie de leur existence au cabaret au lieu d’être au travail. On lui offre un verre. N’est-ce pas l’habitude lorsqu’on se rencontre ? Il refuse tout d’abord, mais accablé par les sarcasmes de ces vauriens, il se laisse entraîner. Et puis ! Quoi ? Après tout, on est un homme et un petit verre n’a jamais tué personne. Malheureusement ces sortes de politesses, dans les milieux ouvriers, impliquent ce que l’on appelle l’échange de bons procédés. Il faut offrir sa tournée à son tour et c’est ainsi que les petits verres, succédant aux petits verres, l’alcool s’introduit peu à peu dans la chair de ces malheureux et bientôt cette habitude dégénère en vice. Dès lors, on perd vite le chemin de l’atelier et on suit la pente fatale qui conduit à l’abrutissement puis à la folie.
  3. Les ravages de l’Alcool - Sa femme vient le chercher au cabaret. Le malheureux ne songe plus que pendant ce temps la femme et les petits souffrent à la maison, et le samedi, le soir de paie, tandis qu’il joue un salaire si péniblement gagné, elle est souvent obligée de venir le relancer jusqu’au cabaret pour lui arracher les quelques sous qui lui restent encore pour pouvoir donner du pain à ses enfants. Tentative bien téméraire, hélas ! car excité par l’alcool, il n’a plus conscience de ses devoirs et la chasse impitoyablement.
  4. Dans la mansarde - Misère Le ménage si prospère autrefois a gravi peu à peu tous les échelons de la décrépitude et de la misère, et nous le retrouvons dans une misérable mansarde sans feu, sans pain, n’ayant plus pour tout mobilier qu’un misérable grabat où grelottent les pauvres petits affamés. Cependant la mère a trouvé dans le fond d’un buffet, une croûte de pain qu’elle partage entre ses deux enfants qui dévorent cette maigre pâture excités par les affres de la faim. Mais, on monte l’escalier, c’est lui. Dans quel état va-t-il arriver, mon Dieu ! D’un geste brutal il a ouvert la porte. Il fait son entrée. Il est ivre, la femme, comme une furie se jette sur lui, il lui faut de l’argent, du pain, les enfants on faim. Il n’a plus rien, il a tout bu au cabaret. La malheureuse est à bout et elle succombe sous les coups de l’ivrogne qui, dans un accès de folie furieuse, brise le peu qui reste au logis.
  5. La maison des fous - Le cabanon. Delirium Tremens L’alcool a fait son oeuvre. Nous voici transportés dans la maison des fous. Nous revoyons notre triste héros dans un cabanon (sorte de cellule capitonnée réservée aux fous furieux). L’homme a fait place à la brute la plus abjecte ; il est revêtu de la camisole de force. Il est atteint de cette attaque de folie spéciale à l’alcoolisme que l’on appelle le “Delirium Tremens”. Tout d’abord, il paraît dans un état de prostration complète. Mais, bientôt, sous l’influence du poison alcoolique, son cerveau est en proie à des hallucinations qui lui font entrevoir les tableaux les plus terrifiants : incendies, enterrements, massacres, scènes de carnage. Puis ce sont des animaux tels que : rats, chiens, chats, araignées ou bien encore des monstres animés qui n’ont de nom dans aucune langue et que crée de toute pièce son imagination délirante. Ces visions développent chez le malheureux un état de terreur et d’angoisse inexprimables, au cours duquel, dans un formidable effort décuplé par la terreur, il est enfin parvenu à arracher sa camisole de force. Libre enfin de ses mouvements, il se déchire jusqu’au sang, il veut fuir ces animaux qui l’entourent et l’envahissent, mais la cellule est trop petite, il ne peut arriver à leur échapper. C’est alors que pour fuir ces tableaux qui l’obsèdent, la surexcitation nerveuse a atteint le paroxysme des forces humaines et la brute terrassée par le mal s’effondre pour ne plus se relever.

En savoir plus

Sujet dans le supplément spécial illustré, mai 1902. Ce supplément était précédé de la notice suivante  : “Nous avions raison, l’année dernière, lorsque nous disions que le drame était susceptible d’être accueilli favorablement par le public au même titre que les scènes comiques ou féeriques. Le succès remporté par l’Histoire d’un crime en est la preuve. Aussi, encouragés par ce premier succès, nous présentons aujourd’hui à nos Clients une pièce encore plus dramatique que la précédente, plus intéressante et surtout beaucoup plus morale, car elle touche à une plaie sociale qui devient de jour en jour plus envahissante, nous avons nommé L’Alcoolisme. Alors que les pouvoirs publics sont impuissants à enrayer ce terrible fléau, nous sommes persuadés, qu’en éditant cette scène, nous viendrons en aide aux nombreuses sociétés antialcooliques et de tempérance qui pensent comme nous que, pour combattre ce mal qui décime l’humanité, l’exemple prévaut toutes les lois. Le cinématographe n’est-il pas avant tout la distraction et le délassement des humbles et de l’ouvrier? Donc, rien mieux que le Cinématographe ne pouvait aider à démontrer les ravages occasionnés par l’alcoolisme. En conséquence, nous sommes certains d’atteindre un double but, intéresser d’abord nos Clients et ensuite aider à enrayer, dans la mesure du possible, ce terrible mal qui pèse non seulement sur la génération actuelle, mais encore qui a sa répercussion dans les générations futures.” Voir également “Les Victimes de l’alcoolisme quand le cinéma des premiers temps puise son inspiration dans le discours hygiéniste dominant.” Thierry Lefebvre, Archives n°50, mai 1992 Publicité dans L’Industriel Forain n° 669, 31.5.1902.

Sorties  : 1 - Collosseum, Lemberg (Allemagne) 7.1902 2 - The Universal Cinématograph, Marseille, 21.9.1906 3 – Circp Teatro Yucatan, Merida, Mexique, 12 au 20.1.1904

Date de la publication électronique : 26 septembre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004