À Biribi, disciplinaires français  –  Lucien Nonguet  –  1907

Fiche générale

  • Autre titre : At Bribi
    French Disciplinarians (an English translation) ; a Military Prison (an U.S. title)
  • Numéro de film : 1667
  • Genre : Scène dramatiques et réalistes (8ème Série)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Scénario : André Heuzé

Production

  • Autre titre : At Bribi
    French Disciplinarians (an English translation) ; a Military Prison (an U.S. title)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Scénario : André Heuzé

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scène dramatiques et réalistes (8ème Série)
  • Métrage : 250 m ; 820.0 f.
  • Code télégraphique : Ciseleur

RÉSUMÉ

Jean, simple soldat, et son sergent, sont épris de la même femme. Après une scène violente, Jean dans un moment de colère en arrive à des voies de fait sur son supérieur qui le fait saisir et emprisonner. C’est alors le conseil de guerre, le jugement rapide et sans appel, la déportation au bagne militaire, et les longues années de géhenne et de douleurs sans recours qui rendent injuste et méchant. Ce sont les durs labeurs dans le feu de la fournaise africaine où les hommes, fouettés de menaces, piochent, bêchent, creusent la terre de l’allure épuisée des bêtes de somme. Les ordres brefs claquent, cinglent comme des coups d’étrivières et si les hommes “rouspètent” c’est le supplice des fers ou autres rites brutaux. Jean se cabre, avale son mors, soulève l’émeute parmi les camisards : le complot découvert, Jean est jeté dans le silo où il succomberait misérablement si un camarade ne parvenait à le délivrer. Tous deux tentent de s’évader à travers la brousse, fuient sous le feu des spahis comme des bêtes traquées et tom­bent. Le compagnon de Jean, épuisé, se couche pantelant et meurt, tandis que celui-ci va succomber quelques pas plus loin dans un douar. Ces scènes dont l’intérêt est d’actualité, ne peuvent manquer d’émouvoir le public par leur vérité et la violence dramatique de leurs situations.

En savoir plus

source Henri Bousquet : Annoncé dans le supplément de février-mars 1907 ; Sortie: Le Scala, Lyon, 26.4.1907 ; Dans le n° 50 de Phono-Ciné-Gazette du 15.4.1907 parut l’article suivant qui semble indiquer que le film avait soulevé des polémiques  : voici ce que nous lisons dans le journal l’éclair  : “rue de Rivoli, un établissement cinématographique a mis, en tête de son programme biribi, la crapaudine, les fers et le silo, qu’il exploite, plusieurs fois par jour. Simplement coupable de n’avoir pas salué un officier, le héros de cette lugubre histoire finit par l’insulter et passe en conseil de guerre. On assiste au départ en chemin de fer et en bateau, à l’arrivée en Algérie, puis a biribi. Pour avoir jeté sa pioche, le soldat est mis aux fers, maltraite par des sous-officiers, qu’on nous représente comme des brutes. Puis il se mutine, se jette sur un gardien, est appréhendé par des soldats et descendu dans un silo d’ou après avoir grimacé quelques instants devant le public affole, il réussit a s’évader, grâce à la complicité d’un de ses camarades. Mais ses forces le trahissent et il meurt au revers d’une fosse, sous les yeux de son camarade, qui montre le poing à “biribi” et jure de le venger. Ces traits, contractés par la souffrance, ces gestes de déses­poir ou de cruauté, cette mort dans la campagne algérienne, tout cela est a la fois pénible et hideux a voir. Vous avez bien compris que c’est une propagande antimilitariste, par l’image, et que l’intention de l’auteur de cette exhibition est d’affaiblir notre défense nationale, en jetant sur l’armée la déconsidération. Il s’agit d’af­foler les mères et les enfants qui viennent la, et de les faire reculer - l’heure venue - devant le plus impérieux des sacrifices. Cette effroyable propagande est une forme de la trahison ; elle s’étale en toute impunité. Quelques municipalités ont conservé cependant d’énergiques scrupules  : le maire de Rouen vient d’interdire la représentation de biribi, comme constituant “un violent appel a l’indiscipline et une excitation a la haine des citoyens les uns contre les autres”. À Paris, l’image continue, la pièce et sa diffusion malsaine ne se heurte à aucune obstruction”. Et Phono-Ciné-Gazette d’ajouter  : “quelle absurdité, quelle interprétation de mauvaise foi voulue ! En quoi la campagne contre les horreurs vraies de biribi peut-elle détourner de l’armée, en quoi la discipline et le patrio­tisme sont-ils intéressés a ce qu’on jette un voile sur des abominations qu’il faut à tout prix faire cesser.

source Susan Dalton : Films Pathé frères - Supplément. Paris: Pathé, Février-Mars, 1907., p 028-029, pic ; Catalogue Pathé Des Années 1896 À 1914 (1907-1909), by Henri Bousquet, p 010-011

Date de la publication électronique : 09 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004