Le Chien de l’aveugle  –  1907

Fiche générale

Affiche
  • Autre titre : The Blind Man's dog
  • Numéro de film : 1731
  • Genre : Scène dramatique
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Production

  • Autre titre : The Blind Man's dog
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scène dramatique
  • Métrage : 100 m ; 328.0 f.
  • Code télégraphique : Capacité

RÉSUMÉ

Il était vieux, vieux et aveugle. Il mendiait par les rues, guidé par son chien, allait son chemin de juif errant dans son éternelle obscurité, sondant avec un bâton la terre en avant de ses pas. Ils ne se quittaient jamais, l’homme et la bête, l’un traînant l’autre, recommençant chaque jour la même lutte pour manger, partageant le même pain et le même grabat, vivant si bien la même vie qu’ils en étaient arrivés à une sorte de compréhension mutuelle. Ils se donnaient réciproquement un peu de compagnie en ce monde, un peu d’amitié, de protection dans leur abandon. Et ils étaient heureux. Un jour qu’ils se tenaient dans l’embrasure d’une porte, le chien assis sur ses pattes de derrière, tenant la sébile dans sa gueule, de jeunes voyous s’emparèrent de la bête et de sa maigre recette. Le vieux eut l’intuition rapide de ce qui se passait. Deux larmes d’indicible misère coulent de ses yeux sans regard. Il jette un appel, s’avance en branlant avec des gestes d’aveugle, tremblant de tous ses membres et s’écroule dans le ruis­seau. Deux passants, pris de pitié, le ramassent et le sou­tiennent jusqu’au taudis. Séparé de celui qui était son soutien, son ami et ses yeux, de celui qui avait su entrete­nir une tendresse dans son vieux cœur endurci, à moitié mort, l’aveugle se sent irrévocablement seul sur la terre, jusqu’à la mort qui ne devait pas tarder. Un matin, on le trouve raidi, les yeux vitreux, étendu sur sa paillasse. Cependant, le chien est parvenu à rompre sa chaîne et à s’évader. Il arrive à toutes pattes au domicile de son maître, trouve la chambre déserte, le grabat vide. Il flaire le sol, suit la piste. Il est maintenant dans les allées du cimetière : voici le carré de terre des pauvres, des morts anonymes où les tombes sans fleurs se serrent, se pressent les unes contre les autres, tenant le moins de place possible dans le monde des morts comme dans celui des vivants. Le chien s’arrête près d’une tombe fraîchement remuée, creuse, se fait un trou, se couche sur la terre froide et au fond de ses yeux expressifs apparaît sa petite âme confuse, fidèle et aimante, aussi doulou­reuse pour un instant qu’une âme humaine. Ces scènes sont exécutées par le chien Fog dont nos clients ont déjà apprécié l’intelligence dans la bande Médor au téléphone et qui joue en véritable artiste.

En savoir plus

Sortie   : Omnia Pathé, Paris, 13.4.1907

Sources S. Dalton : Catalogue Pathé Des Années 1896-1914, Volume 2, 1907-1909 |p 016 ; Catalogue Pathé Des Années 1896 À 1914 (1907-1909), by Henri Bousquet |p 016 |y sum

Date de la publication électronique :16 June 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004