Assassinat du Grand-duc Serge  –  Lucien Nonguet  –  1905

Fiche générale

  • Numéro de film : 1186
  • Genre : Scène d'actualité
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Lucien Nonguet

Production

  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Lucien Nonguet

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scène d'actualité
  • Métrage : 35 m

En savoir plus

Note 1  : Dans le n°33 de septembre 1905 de l’hebdomadaire Le Fascinateur paraissait en page 282 sous la rubrique “Variété” un article repris d’un autre hebdomadaire Le Glaneur. Cet article, intitulé  : “Le cinématographe et l’actualité” rejoignait, en quelque sorte la relation du décorateur Hugues Laurent à propos de L’Assassinat du ministre Phlève. Le voici reproduit tel quel  : “Peuple on te trompe ! On vous trompe, vous qui, tout frissonnants d’horreur et de curiosité, regardez sur la toile lumineuse d’un cinématographe vivre et mourir les acteurs des grands drames modernes. J’en ai eu hier la preuve. J’ai vu tuer le grand-duc Serge de Russie, et cela ne fit point tressaillir mes nerfs, car je savais que l’héroïque meurtrier a pour accoutumé de répondre au nom de “Coco” et son complice à celui de “Bébert”. Ces messieurs font partie de la figuration d’une grande maison de Vincennes, dont la spécialité consiste à reconstituer, grâce au cinématographe, les scènes d’actualités. On ne peut croire quel matériel compliqué, quels soins et quelle ingéniosité exige une semblable entreprise. Hier donc, j’étais à Vincennes dès le matin. Dans un immense atelier, d’étranges individus, vêtus de lourdes bottes et coiffés de bonnets de fourrure, s’agitaient devant un sombre décor. Nous étions dans le cabinet des conjurés. M. Lucien Nonguet, chef de la figuration, indiquait à ses hommes avec une précision merveilleuse les attitudes nécessaires. Et, lorsque l’appareil cinématographique grinça, on n’eût pu s’imaginer que “Bébert” avait dans la vie une préoccupation plus fréquente que celle de remplir de clous une boîte de conserve  : la bombe. Cependant, les figurants revêtaient leurs costumes. Et je vis que, soucieux de vraisemblance, M. Nonguet avait investi du rôle de grand-duc un homme aux manières à la fois hautaines et cavalières et qui portait monocle avec aisance. Il ne perdit rien de sa dignité lorsqu’on lui barbouilla les joues de vernis pour y coller une fausse barbe, et ne fléchit point sous le poids d’un casque surmonté de l’aigle double. La voiture arriva, traînée par deux coursiers peu fringants. Par la portière, on apercevait le casque brillant du grand-duc. Soudain l’équipage s’arrêta. Le grand-duc se pencha un peu hors de la portière pour s’informer. C’est alors que “Coco” se précipita, lançant une boîte pleine de clous sous les pieds des chevaux. L’opérateur interrompit le fonctionnement du cinématographe. Il ne remit l’appareil en mouvement qu’au moment où l’on alluma la poudre destinée à entourer la scène de fumée. Nouvel arrêt du cinématographe. La voiture disparaît. À sa place, on disposa de vieux essieux, des roues brisées, une lanterne, mille choses encore, tandis que les décorateurs peignent des lézardes sur les murs du monument et dessinent de longues cassures sur les vitres. Comme il faut que les débris de l’explosion retombent, des hommes juchés sur le toit laissent, à un signal donné, tomber de vieux sacs, des coussins, etc. Encore une pellicule de cinématographe impressionnée. C’est en rapprochant ces pellicules qu’on donnera l’illusion de la réalité. Enfin, au milieu des objets épars, le meurtrier vient se coucher la face convulsée. Les gendarmes, la foule, les soldats le saisissent. “Coco” est vigoureux ; aussi est-il destiné à recevoir les horions. Pour la vraisemblance, il faut résister. Il résiste si bien que sa chemise en souffrit fort et qu’il reçut sur l’œil un coup de poing appliqué par une main experte. Mais il ne s’en fâcha pas. Chacun son métier.”

Note 2  : Dans le numéro 746 du 5 mars 1905 du Petit Journal Illustré paraissait le dessin sur l’attentat contre le grand-duc Serge, oncle du Tsar, tué par une explosion criminelle.

Note critique: Cette vue d’actualité avait disparu des Catalogues en ma possession mais je pus la réintégrer grâce encore au livre de H. Birett (op. cité); Henri Bousquet

Sortie  : Cosmographe Faraud, Alcazar-Théâtre, Perpignan, 17.11.1905

Date de la publication électronique : 06 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004