Les Martyrs de l’Inquisition  –  Lucien Nonguet  –  1905

Fiche générale

  • Autre titre : Los Mártires de la Inquisicion (a Spanish title) ; Martyrs of the Inquisition (an U.S. title)
  • Numéro de film : 1307
  • Genre : Scène historique en 5 tableaux (5ème Série)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Interprètes : Fernand Rivers dans le rôle d'un martyr

Production

  • Autre titre : Los Mártires de la Inquisicion (a Spanish title) ; Martyrs of the Inquisition (an U.S. title)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Interprètes : Fernand Rivers dans le rôle d'un martyr

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scène historique en 5 tableaux (5ème Série)
  • Métrage : 210 m virés et colorié ; 688.8 f.
  • Code télégraphique : Botte

RÉSUMÉ

1- La prison

Les prisons ou plutôt les cachots étaient des souterrains profonds, de véritables tombes à plus de trente pieds sous terre. Les infortunés, condamnés à habiter ces lieux, au nombre de six à huit, étaient couchés sur le sol humide dans une atmosphère viciée ; ils étaient privés de vêtements et grelottants. Parmi ces malheureux, des femmes et des enfants ; combien sont touchants ces enfants qui jouent et rient à côté de la douleur et de la mort ! Tous les jours les bourreaux venaient chercher quelques nouvelles victimes pour les faire passer devant le tribunal où elles étaient conduites à coups de fouet.

2- La galerie des supplices

Au milieu d’une vaste rotonde, dans un caveau profond, se trouve la chambre du tourment, aux murailles sont suspendus des instruments de torture ; ce sont des chevalets, des brodequins de fer, des clous d’une dimension énorme, des cordes de toutes les grosseurs.On descend dans ce lieu infernal par une multitude de petits escaliers tortueux. Le grand inquisiteur fait son entrée suivi du notaire apostolique et des familiers du Saint-Office, conformément à l’article 18 du code de l’Inquisition qui voulait que ces deux personnages fussent toujours présents pour enregistrer les déclarations des prévenus. Après quelques exécutions sommaires telles que le supplice du fouet qui était appliqué à tout malheureux, sans distinction d’âge ou de sexe qui faisait entendre quelque gémissement, on enferme une hérétique dans l’armoire de Nuremberg, boîte en fer, garnie intérieurement de pointes qui pénétraient dans toutes les parties du corps de la victime qui y était enfermée. Un autre patient est étendu sur un banc de bois, les pieds pris dans une sorte de carcan, les mains attachées au pied du banc de manière à ramener le corps comme replié sur lui-même, de telle sorte qu’il lui est impossible de faire le moindre mouvement. Un brasier ardent est alors placé sous les pieds du patient et on les enduit avec de l’huile. Le bourreau les passe au fer rouge, l’action du feu, excitée par la présence de ces corps gras, devient en quelques minutes si pénétrante, que la peau se fend, les chairs se contractent et se retirent laissant à nu les nerfs, les tendons et les os. Sur un signe du grand inquisiteur, les bourreaux amènent l’accusé dépouillé de ses vêtements. On veut lui faire avouer un crime qu’il n’a jamais commis ; sur son refus, les hommes masqués s’emparent du malheureux, lui lient les mains derrière le dos, puis, saisissant le bout de la corde qui pend au-dessus de sa tête, l’attachent à ses pieds et enlèvent le patient jusqu’à la hauteur de la voûte. Après quoi, ils lui attachent aux mains une lourde pierre.

3- Le Banc de torture

Le patient est couché sur un banc en forme de gouttière, juste assez large pour le recevoir et disposé de telle sorte que la tête est plus basse que les pieds. À ce moment, les tortionnaires tournent violemment un garrot de bois qui resserre les cordes dont la victime est liée. Ils introduisent un entonnoir dans sa bouche et versent de l’eau par petite quantité, la victime, dont la respiration devient de plus en plus difficile, fait des efforts inouïs pour avaler cette eau et aspirer un peu d’air, mais à chacun de ses efforts qui nécessairement impriment à tout son corps une douloureuse convulsion, les bourreaux tournent le garrot et la corde pénètre jusqu’aux os.

4- Le Supplice de la roue

Lié sur un tambour de bois, le supplicié dont les chairs sont déjà meurtries par cette position circulaire, subit la plus terrifiante des tortures. Les bourreaux, en effet qui ont eu soin de placer en dessous un ardent brasier, font tourner la roue à une vitesse savamment calculée pour graduer le degré de souffrance. Le corps passe et repasse sur ce brasier qu’attise avec ardeur, à l’aide d’un soufflet, l’un des aides. Puis le brasier est remplacé par un banc garni de pointes sur lesquelles le malheureux vient en tournant se labourer les chairs.

5- L’Auto-da-fé

Sur la plus large façade de la place, devant le palais occupé par le roi et sa suite, est dressé le bûcher formé de bois résineux, de matières huileuses et de paille pour que la combustion soit plus rapide. À droite de ce bûcher s’élève un amphithéâtre sur les degrés duquel on voit le fauteuil destiné au grand inquisiteur. Les condamnés sont amenés processionnellement revêtus d’une mitre. Après la lecture de la sentence, ils sont attachés sur le bûcher et le bourreau armé d’une torche vient y mettre le feu. Bientôt une fumée épaisse et noirâtre s’élève autour des suppliciés, dont l’agonie épouvantable commence. Pendant ce temps, les prêtres font entendre un verset du “De Profundis” ou du “Miserere”, psalmodie lugubre qui se mêle aux lamentations humaines, aux râles des agonisants. Et le peuple, agenouillé, reste courbé sous une impression profonde de terreur et de pitié.

En savoir plus

source Henri Bousquet : Sujet dans le Phono-Ciné-Gazette n° 16, 15.11.1905 ; Publicité dans L’Industriel Forain n° 849, 11.11.1905 ; Sortie  : American Vitographe, Renaissance Music-Hall, Paris, 17.11.1905

source Susan Dalton : Pathé frères: I film della produzione Pathé (1896-1914), Volume 1, p 119 ; Catalogo, Pathé frères Films, Barcelona, 1907, p 096 ; Pathé Films. New York: Pathé Cinematograph Co., April 1906, p 022 ; Films Pathé frères. Paris: Pathé, 1907., p 158, pic

  • Localisation des copies : Copie conservée chez Pathé.
Date de la publication électronique : 06 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004