Excursion aux chutes du Niagara  –  Léo Lefebvre  –  1906

Fiche générale

  • Autre titre : Trip Down Niagara Falls ; Excursiòn à las Cascadas del Niàgara (a Spanish title)
  • Numéro de film : 1586
  • Genre : Scènes de plein air (1ère Série)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Léo Lefebvre

Production

  • Autre titre : Trip Down Niagara Falls ; Excursiòn à las Cascadas del Niàgara (a Spanish title)
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Léo Lefebvre

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scènes de plein air (1ère Série)
  • Métrage : 185m viré ; 606.8 f.
  • Code télégraphique : Buter

RÉSUMÉ

Le bateau s’engage dans le Saint Laurent qui se rétrécit peu à peu jusqu’aux lacs. Le Niagara, large de 500 à plus de 3000 mètres, arrive par des rapides à sa fameuse chute. L’impétuosité du courant et les aspérités du roc pulvérisent l’eau en un bouillonnement d’écume. Elle tombe avec un roulement de tonnerre, plonge dans une gorge entre deux parois droites et hautes où la rivière profonde ondule violemment, ou se brise en énormes tourbillons, puis s’abaisse en tournoyant dans le fameux whirpool ou remous.

D'après Susan Dalton : A boat goes over Niagara falls.

En savoir plus

source Henri Bousquet : Sujet dans le Supplément de novembre-décembre 1906 ; Sorties  : 1 - Omnia Pathé, Paris, 14.12.1906 ; 2 - Cinématographe Unic, Casino Music-Hall Lafayette, Toulouse, 22 au 28.2.1907 ; 3 - Empresa Fontenelle e Cia, Teatrinho Iracema, Fortaleza (Brésil), 7.6 au 25.8.1908 ; Note  : Dans le n°11 du 1.10.1922 de Ciné-Miroir, paraissait un article de Léo Lefebvre intitulé Comment j’ai filmé les chutes du Niagara, illustré de dix photos du film.  : “C’est au mois d’août 1906 que je tournai les chutes du Niagara. Avant nous, Thomas Edison avait réalisé un film des rapides ; il s’agissait de faire mieux. Une pensée me soutenait, nous étions les premiers Français qui voulaient fixer sur l’écran les chutes impressionnantes. Les Indiens ont donné à la cataracte le nom de Niagara  : tonnerre de l’eau. C’est véritablement le tonnerre, et à une distance de plusieurs kilomètres, les oreilles perçoivent un roulement sourd, ininterrompu. Ce n’est guère rassurant. Il faut se souvenir de ceci pour imaginer le spectacle ; le fleuve a une longueur de 53 kilomètres. Il sort du lac Érié entre Buffalo et le fort du lac Érié ; il y a là deux arrivées pour les voyageurs qui viennent admirer le Niagara. D’abord l’eau coule paisiblement, mais à la cataracte, la chute tombe d’une hauteur de 50mètres dans le vide et précipite 5000 m3 d’eau par seconde. C’est quelque chose ! Après avoir exploré le terrain, nous constatâmes que le point idéal pour nous placer, l’opérateur Daret et moi, était hérissé de pancartes  : Forbidden to pass (Défense de passer). De vigilants gardiens étaient là, mais avec quelques dollars. Enfin, nous pûmes installer la caméra, non sans difficulté et après une assez périlleuse gymnastique, à un endroit qui nous parut le plus propice, mais non le plus sûr, car le sol se désagrégeait sous nos pieds et nous étions à 50 mètres à pic, au-dessus des rapides. La mise en scène ne dura, fort heureusement, que cinq ou six minutes, pour prendre un négatif de 60 mètres, mais les minutes nous parurent longues. Nous tournâmes ensuite les rapides de Whirlpool où se noya le capitaine Webb, le célèbre nageur et là, dans le dessein de faire mieux et de battre Edison, nous décidâmes d’installer l’appareil au milieu des rapides eux-mêmes. Nous avions de l’eau jusqu’aux genoux. Autour de nous, des vagues bouillonnaient, menaçantes. La caméra tournait toujours. Le film se termina par Goat Island (Ile aux chèvres) et le Horse Shoe (Fer à cheval) qui est le nom de la chute canadienne… Le négatif ainsi obtenu avait environ 200 mètres, il fut réduit à 135 mètres, ce qui était fort long pour l’époque, nous parlons de 1906. Depuis, avons-nous besoin de dire que les chutes du Niagara furent filmées par bon nombre d’opérateurs et mieux que par nous. 1906, c’est la préhistoire du cinéma.”

source Susan Dalton : Films Pathé frères - Supplément. Paris: Pathé, Novembre-Décembre, 1906., p 006 ; Pathé frères: I film della produzione Pathé (1896-1914), Volume 1, p 134 ; Films Pathé frères. Paris: Pathé, 1907., p 278 ; Catalogo Pathé frères, Barcelona 1907, p 020

Date de la publication électronique : 07 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004